Avec un vieux diesel à Anvers? Gare à l'amende

Grégory Mertz est très fier de sa voiture : une Volkswagen Bora TDI, donc diesel, de 2003. Il la bichonne et va partout avec elle. Jusqu'à Anvers, où il s'est rendu, au mois de juin. Même que, quelques semaines plus tard, il a reçu un courrier. Officiel. En néerlandais. Et qui disait quoi ?

- Aucune idée. Je n'ai pas compris du tout. Donc j'ai demandé une traduction. J'ai envoyé une lettre recommandée. Je n'ai jamais eu de retour.

125 euros dans la vue !

Tout ce que Gregory a compris, c'est qu'on lui réclamait 125 euros. Ce n'est que par après qu'il a appris que c'était parce qu'il était entré dans la zone de basse émission avec une voiture diesel trop âgée et donc interdite d'accès. Vous connaissiez l'existence de ce règlement ?

- Pas du tout. Aucune information. Je n'étais pas au courant pour Anvers. Uniquement pour Bruxelles.

Tolérance (presque) zéro

La zone de basse émission d'Anvers existe depuis le 1° février 2017. La période de tolérance, celle où l'on avertissait sans donner d'amende, a été très courte : un mois à peine. Et, au vu des malheurs de Gregory, on peut se demander si l'existence de cette zone a été suffisamment communiquée en-dehors de la Flandre. En Belgique francophone, par exemple. Pour en avoir le coeur net, nous avons rendez-vous avec Nabilla Ait Daoud, l'échevine anversoise de l'environnement.

- Nous avons beaucoup communiqué vers la Belgique francophone : il y a eu des spots TV et radio qui signalaient l'existence d'une zone de basse émission à Anvers. En outre, nous avons fait des publicités sur les camions. Des camions circulaient, ornés de messages avertissant clairement de la création de la LEZ à Anvers.

Dans le ring

Le spot, le voici. On ne l'a pas trouvé en français sur le web. Et on n'a pas réussi à savoir s'il avait été diffusé souvent sur des chaînes francophones. Par contre, sur le site de la ville, on a trouvé une animation, en français, qui explique que la zone de basse émission se situe dans la partie de la ville enserrée par le ring. Mais, pour le savoir, il faut aller sur le site de la ville. Une démarche pas évidente quand on veut juste aller se promener quelques heures sur les quais de l'Escaut.

Nabilla Ait Daoud insiste :

- Il est important, quand on va visiter un pays ou une ville, de connaître le règlement de ce pays ou de cette ville. De la même manière que, quand je vais en Allemagne, je sais qu'ils fonctionnent avec un système de vignettes, et donc je vais acheter une de ces vignettes pour être en règle.

Les accès de la zone sont indiqués par des panneaux extrêmement clairs

Gregory n'est pas tout à fait de cet avis :

- Le problème, c'est que c'est déjà une grande ville où je n'ai pas l'habitude d'aller. Il y a beaucoup de circulation, les panneaux ne sont pas en français... Donc, je me vois mal, moi tout seul en voiture, m'arrêter le long de la route pour regarder et voir si je peux accéder à la ville, et avec quel véhicule, dans quelle zone, etc... C'est impossible pour moi.

On a donc voulu faire le test

On s'est arrêté avant d'entrer dans la zone interdite. On a cherché, sur un smartphone, le site qui permet de savoir si on a accès ou pas. Il a fallu entrer le numéro de la plaque, facile, et la date de la première immatriculation, indiquée sur la carte grise. Et, hop, on a appris que notre bon vieux break RTBF était welkom jusqu'au 31 décembre 2024. Durée totale de la manipulation : dans les trois minutes, tout compris. A condition, évidemment, de savoir où il faut chercher l'info...

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK