108 millions de pixels dans un appareil photo... de smartphone !

Qui prend les plus belles photos entre un appareil photo, comme l'Alpha 7 R3 S et le Smartphone, XIAOMI MINOTE 10 ? La réponse en images.

Pendant des années, les constructeurs d'appareils photo se sont fait la guerre du plus grand nombre de pixels. Mais une fois franchie la barre des 20 millions, les choses se sont un peu calmées car le rendu était déjà largement suffisant dans le cadre d'une utilisation normale avec des appareils compacts, reflex ou hybrides. Ainsi, en 2020, la moyenne du nombre de pixels tourne aux alentours de 30 à 40 millions. 

Mais la course folle au plus grand nombre ne s'est pas arrêtée dans les smartphones. Comme ces derniers ont remplacé les compacts d'entrée de gamme, le nombre de pixels ou même d'objectifs reste un élément de marketing efficace. Et le premier à dépasser les 100 Mpx est le chinois Xiaomi Mi Note 10, avec pas moins de 108 millions de pixels ! Encore faut-il qu'ils soient efficaces.

A l'épreuve du feu (ou plutôt de l'eau)

En ce jour de test, il tombe des seaux d'eau sur Liège, où nous avons décidé de confronter le smartphone à un appareil photo hybride, le Sony Alpha 7 R III. On aurait pu prendre la dernière mouture, le IV, mais son prix de vente de plus de 3500 euros ne le met pas à la portée de toutes les bourses. La version III tournant autour de 2200 euros, sans objectif. Cela paraît élevé, mais la photographie est devenue un marché de niche où pour survivre, il faut du moyen/haut de gamme. Il n'empêche, c'est plus de quatre fois le prix du smartphone alors qu'il ne propose "que" 42,4 Mpx !

Avec la pluie, difficile de réaliser de belles photos de paysage. On tente donc une contre-plongée au pied de la célèbre montagne de Bueren. Le smartphone a tendance à exagérer le rendu des couleurs. Ça "en jette" plus, mais c'est moins naturel. Idem dans la collégiale Saint-Barthélemy où le Xiaomi éclaircit les parties sombres, quitte à griller le choeur très lumineux. En mode automatique, le Sony s'est focalisé sur le choeur où on observe bien les détails et a laissé les autres parties plus sombres, mais plus justes au niveau du rendu. Le smartphone a également réchauffé l'ambiance avec une image plus orientée vers le magenta.

D'un plan large du bâtiment, nous avons juste sélectionné une partie d'un des clochers pour analyser un agrandissement extrême. C'est dans ces conditions qu'on se rend compte que le Xiaomi, malgré son nombre plus élevé de pixels, applique un post-traitement qui dégrade très fortement l'image. Il y a ce que l'on appelle un effet de lissage et certains détails, bien visibles sur le Sony, ont carrément disparu.

Enfin, le comparatif d'un mode portrait a tout simplement été impossible à réaliser car pour utiliser les 108 Mpx du Xiaomi, il faut se contenter de l'objectif grand angle, sans possibilité de zoomer. A moins de se placer à trois centimètres d'un visage (il fait aussi de la photo macro), il faudra repasser en mode standard, fort de 27 Mpx tout de même.

Plus de pixels, moins bonnes images

Les fabricants d'appareils photo peuvent souffler : ce n'est pas encore maintenant qu'un smartphone chinois va battre un appareil japonais semi-professionnel. 

Mais soyons de bon compte, le Xiaomi Mi Note 10 conviendra dans l'immense majorité des situations de la vie courante. Même si le rendu des couleurs est un peu erratique, il n'a jamais été pris en défaut flagrant. Il faut zoomer dans l'image ou comparer sur des tirages de grand format pour que les différences sautes aux yeux.

D'ailleurs, Christophe Geoffroy, patron de l'enseigne Photo Galerie nous a avoué qu'il s'agit probablement du meilleur rendu photographique qu'il a constaté pour un smartphone. En attendant sans doute une nouvelle surenchère de la concurrence, ou de Xiaomi lui-même.

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