Voitures hybrides rechargeables: mauvaise utilisation et fin des avantages

Posséder une voiture hybride rechargeable, ou Plug-in, présente bon nombre d’avantages. Outre l’effet bénéfique pour l’environnement lorsque le véhicule se déplace en mode électrique, la déductibilité pour les sociétés est également favorable puisqu’elle peut atteindre les 100% ! Mais dans quelques semaines, cela en sera fini de cette "super déductibilité". Le Fédéral s’est en effet rendu compte que bon nombre de ces véhicules, souvent luxueux, étaient mal utilisés et polluaient plus que leurs homologues essence ou diesel. La réforme est en cours pour tout achat de Plug-in hybrides dès 2018, même si on ne connaît pas encore le contenu des textes actuellement négociés.

La faute aux mauvais élèves

Si l’on peut trouver dommage de pénaliser les propriétaires de véhicules "presque verts", on doit bien constater que cela n’impactera pas beaucoup de particuliers, puisque la déductibilité ne les concerne pas. Mais sachant que 93% des hybrides rechargeables sont des voitures de société, les constructeurs risquent de voir leurs ventes chuter à cause de quelques mauvais élèves. L’exemple qui suit est d’ailleurs éclairant à plus d’un titre…

Il y a quelques jours, Frédéric nous a contacté pour se plaindre que sa Mercedes plug-in hybride consommait jusqu’à… 17 l/100 km ! La consommation est pourtant annoncée à 2,1  l/100 km, sous les anciennes normes NEDC, il est vrai. Renseignements pris, il s’avère que Frédéric a reçu de son entreprise cette voiture ainsi qu’une carte essence. Dès lors, il ne voit pas pourquoi il perdrait son temps à recharger chaque soir à son domicile les batteries de son véhicule. Précisons qu’une charge complète, permettant de rouler une trentaine de kilomètres en mode électrique, ne coûte même pas 70 centimes. Frédéric roule donc exclusivement avec le moteur essence, qui doit composer avec un poids plus élevé du véhicule pour cause d’hybridation. Pire, Frédéric recharge les batteries en actionnant le mode recharge via le moteur thermique, ce qui le fait encore plus consommer. Sa moyenne est d’un bon 12 l/100 km, avec parfois des pointes à 17 litres.

Un exemple trop souvent suivi

Si le cas évoqué frise la caricature, il n’en est que bien réel. Des vendeurs automobiles nous ont affirmé que certains clients, au moment de réceptionner leur nouvelle auto hybride rechargeable demandent à ce que le garage conserve le câble d’alimentation, car il prend de la place dans le coffre et ne servira à rien. L’intérêt de rouler en Plug-in devient donc juste financier, pour la déductibilité, et non écologique. On comprend dès lors mieux la position du gouvernement dans ce dossier. Et pourtant, ce type de voiture, bien menée, peut s’avérer agréable, écologique, économe ou performante.

La bonne manière d’utiliser une hybride rechargeable

Bien entendu, certains conducteurs consciencieux jouent correctement le jeu. C’est le cas de Nicolas, qui possède une BMW hybride rechargeable. Sur les 17 000 km parcourus en cinq mois, la consommation moyenne s’établit à 6,3 l/100 km, en incluant une majorité de très longs trajets. En usage quotidien (80 km par jour tout de même), la consommation atteint un petit 5 l/100 km puisque les trente premiers kilomètres sont effectués sur le mode électrique. Mais bien sûr, Nicolas recharge la batterie dès qu’il peut et conduit principalement sur le mode "éco" du véhicule. En mode sportif, les deux moteurs fonctionnent de concert et transforment la familiale en sportive. De quoi s’amuser mais réduire drastiquement l’autonomie.

Mais quand on se prend au jeu, comme Nicolas, on adopte vite une conduite beaucoup plus relax et fluide, en diminuant d’autant son impact environnemental.

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