Voitures électriques: le marché est-il enfin mûr?

Il y a sept ans et demi, On n'est pas des pigeons présentait sur le plateau la première voiture européenne de l'année fonctionnant à l'électricité: la Nissan Leaf. A l'époque, il s'agissait du premier modèle électrique de grande série: la révolution était en marche. Mais quelques années plus tard, force est de constater que malgré l'augmentation des taxes sur le diesel et l'envolée des prix des carburants traditionnels, la part de marché du véhicule électrique reste marginale. Sur les neufs premiers mois de l'année, on est à 0,5 pour cent d'immatriculations, soit 2.400 voitures électriques.

Des inconvénients qui restent nombreux

A défaut d'avantages financiers à l'achat, le prix de base de ces véhicules reste élevé. Et si les sociétés peuvent fortement les déduire, rien n'est proposé au particulier, sauf en Flandre. L'autonomie, même si elle progresse en permanence, reste trop limitée pour bon nombre de gros rouleurs. Mais c'est plus encore le temps de recharge sur bornes traditionnelles qui peut limiter les ardeurs. Et puis, si la voiture électrique est l'outil idéal en ville, où elle n'émet aucun rejet polluant, peu de personnes disposent d'emplacements privatifs avec station de recharge. Sans parler d'une quasi absence de bornes en voiries ou parkings publiques. Clairement, la Belgique est à la traîne au niveau européen, mais les choses bougent enfin.

Des avantages incontestables

Tout qui a déjà conduit une voiture électrique ne peut qu'être séduit par la facilité et le silence de fonctionnement. Les performances n'ont rien à envier aux meilleures voitures essence et le coût à l'usage est très réduit. En fonction de votre fournisseur d'électricité, comptez moins de deux euros les cent kilomètres. Voire zéro si vous êtes autonomes en électricité ou si vous pouvez charger vos batteries chez votre employeur ou sur les quelques bornes gratuites.

L'autonomie est en progression constante et oscille entre 200 et 400 km selon les modèles et les capacités des batteries. En quelques années, le nombre de bornes de recharge a fortement augmenté, permettant de longs trajets sans crainte de tomber en panne de courant. D'autant que des applications pour smartphones ou ordinateurs de bord permettent d'en trouver facilement.

Bien entendu, la voiture ne rejette aucun polluant, ce qui ne veut pas dire que son empreinte carbone est nulle (il faut la construire ainsi que les batteries) mais différentes études, dont celle de l'université de Gand, montrent que le bilan est plus que positif. A condition de se fournir en électricité verte, ce qui n'est pas toujours le cas.

Enfin, à l'usage, les coûts sont ridiculement faibles. Un moteur électrique ne s'use quasi pas et ne nécessite aucun entretien. Un véhicule électrique a une durée de vie plus importante qu'un véhicule thermique. Les batteries se recyclent (entre autres dans l'usine belge d'Umicore) mais leur fabrication reste presque exclusivement chinoise.

A quand le décollage?

D'ici cinq ans, trois cent modèles de véhicules électriques sont annoncés par les constructeurs, au niveau mondial. La reprise du site de Caterpillar pour y construire une voiture électrique d'entrée de gamme va aussi certainement aider à démocratiser le ticket d'entrée. Mais de là à remplacer les plus de cinq millions de voitures thermiques circulant chez nous, il y a un pas. Il y a de fortes chances que dans les vingt prochaines années, différents types de motorisations cohabiteront. Essence et diesel ne disparaîtront pas. L'hybride devrait augmenter sa part de marché, tout comme le gaz naturel et l'hydrogène, en fonction du nombre de points de vente. Et puis, il y aura les carburants alternatifs comme le diesel de synthèse, l'XTL ou pourquoi pas l'E85 qui contient 85 pour cent d'éthanol...

Bref, tout le monde ne roulera certainement pas en véhicule électrique. En fonction du type de déplacement et des possibilités de recharge à domicile, on optera ou non vers ce type d'énergie, sachant que le réseau électrique belge peut sans problème accepter un million de voitures électriques. D'autant qu'avec l'arrivée de compteurs intelligents, on peut imaginer que la voiture serve de stockage d'énergie et fournisse de l'électricité en heures de pointe avant d'en récupérer en heures creuses. C'est loin d'être de la science-fiction, mais ce n'est pas pour tout de suite non plus...

L'absence de bruit lorsque roule une voiture électrique pose aussi question, comme on l'a vu dans ce reportage du journal télévisé 13h de ce lundi 05 novembre:

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