Voitures diesel invendables ? Pas tout à fait exact

Récemment, une étude flamande, relayée par la presse, faisait état de la difficulté de revente des voitures d’occasion carburant au diesel. Les stocks dormants seraient en hausse et malgré une diminution des prix, les vendeurs se retrouveraient avec un nombre incroyable de véhicules sur les bras. Tout profit pour l’acheteur, qui pourrait réaliser de bonnes affaires !

Sauf qu’il faut un peu nuancer…

Une mauvaise année 2018

Le dieselgate, l’affaire Volkswagen, date d’il y a plus de trois ans. Les ventes de véhicules neufs diesel ont depuis diminué, mais le marché de seconde main regorge encore de modèles fonctionnant au gasoil. La plupart des revendeurs professionnels ont eu le temps de réagir et d’adapter leurs prix et leur stock en fonction de la demande. Les voitures qui ne se vendent pas chez nous trouvent souvent des débouchés dans les pays voisins, comme les Pays-Bas qui ont durci leur fiscalité sur les voitures neuves, et se tournent donc vers l’occasion. Mais il est vrai qu’en 2018, le prix moyen des voitures diesel d’occasion a diminué. Selon Gocar, la société qui a une vue d’ensemble permanente du marché de l’occasion en ligne, le prix moyen d’une BMW 320d, modèle apprécié en leasing, a diminué de 2000 euros sur l’ensemble de l’année 2018. Mais inutile de se précipiter chez son revendeur, car la tendance en 2019 est à une nouvelle augmentation. On est toujours à un prix moyen inférieur à celui de mi-2018, mais on ne brade pas les voitures pour autant.

Fin du stock dormant

Si le prix moyen des voitures diesel augmente depuis le début de l’année, le stock dormant (plus de quatre mois) est en diminution. Plus de deux tiers des 200.000 annonces en ligne ont été publiées récemment. Alors qu’à l’été 2018, on était à plus de 70.000 voitures diesel en vente depuis plus de quatre mois, on est passé à 38.000 fin mars 2019. La tendance est donc à la reprise de ce marché, malgré les politiques environnementales toujours plus contraignantes pour ce type de carburant. Les raisons sont diverses. On a parlé des pays voisins, qui viennent se fournir chez nous, mais les particuliers belges, surtout wallons, se rendent compte que les alternatives ne sont pas nécessairement adaptées. Les dévoreurs de kilomètres, les possesseurs de grosses voitures (les SUV sont à la mode) ou ceux qui tractent des attelages s’y retrouvent toujours financièrement en carburant au diesel. Malgré un prix devenu supérieur à celui de l’essence, la consommation reste toujours moins élevée et la différence augmente en fonction du gabarit de l’auto.

Cette tendance actuelle devrait aussi rassurer les possesseurs de ce type de véhicule, qui pouvaient craindre que leur modèle devienne invendable. Or sur le marché de la voiture d’occasion, tout se vend, à condition de proposer le juste prix. Un prix qui fluctue au gré du temps et des tendances même si tout le monde rêve d’une bonne affaire.

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