Véhicules électriques : des bornes de recharge pas si publiques que ça

L'idéal est de charger son véhicule électrique au travail ou au domicile, mais ne pas trop compter sur les bornes publiques.
L'idéal est de charger son véhicule électrique au travail ou au domicile, mais ne pas trop compter sur les bornes publiques. - © Tous droits réservés

On le sait, le développement de la voiture électrique est freiné par plusieurs contraintes. La plus importante n'est autre que le prix du véhicule lui-même, certainement 10.000 euros plus élevé que le modèle essence équivalent. Parmi les autres griefs, citons l'autonomie, le temps de recharge et le nombre trop faible de bornes électriques. Mais les choses évoluent vite...

Autonomie enfin suffisante

Les derniers modèles de voitures électriques proposent en moyenne une batterie d'une cinquantaine de kWh (kilowatt-heure). Sachant que la consommation standard tourne autour des 20 kWh au 100 km, on dispose donc d'au moins 250 km d'autonomie, un peu comme une moto. Et encore, de nombreux modèles annoncent plus de 400 km de rayon d'action, ce qui est largement suffisant pour l'immense majorité des automobilistes.

Le temps de recharge dépend fortement du type de borne sur laquelle on branche son véhicule ainsi que de la capacité de l'installation électrique. Une prise domestique ne délivre pas plus de 2,3 kW par heure, une wallbox domestique 7,4 kW alors qu'on atteint les 22kW sur du réseau triphasé. Les charges ultra-rapides sont, elles, basées sur du courant continu et limitées à quelques emplacements proches des autoroutes.

Reste le problème des bornes publiques.

Des bornes privées pourtant publiques

Quand on pense à "bornes publiques", on se dit qu'il s'agit d'appareils de recharge mis à la disposition de tous par les pouvoirs publics. Or, il n'en est rien. La définition est floue et varie même d'une région à l'autre. L'Union européenne ayant juste précisé qu'il s'agit d'un endroit accessible sans contrainte particulière. Une station sur un parking de grande surface est considérée comme publique, sauf s'il faut obligatoirement être client de l'enseigne pour l'utiliser.

En fait, l'Europe a imposé aux Etats de définir le cadre légal et technique nécessaire à l'implantation des bornes. Mais leur déploiement est bien mis en oeuvre par les privés, que ce soient des commerces, des fournisseurs d'énergie ou des entreprises.

D'ailleurs, rien n'interdit à un particulier de rendre publique sa borne de chargement installée sur sa maison. Et il peut même facturer le service au prix qu'il désire. Encore faudra-t-il définir le moyen de paiement accepté puisqu'il n'y a pas encore de compatibilité totale.

Une carte permettant une recharge chez l'opérateur X ne fonctionnera pas nécessairement avec la borne Y. Exemple : il faut une carte Dats 24 pour charger chez Colruyt. Impossible d'obtenir du courant sans scanner cette carte précise.

Mieux vaut ne pas miser sur l'augmentation du nombre de bornes de recharge comme incitant au véhicule électrique. On compte déjà un peu près 10.000 points de recharge (une borne dispose souvent de deux prises, donc deux points de recharge) sur le territoire, dont la grande majorité en Flandre.

Les bornes publiques sont à considérer comme un outil de dépannage ou d'appoint car l'immense majorité des recharges doit s'effectuer au domicile ou au travail. Et si aucune des deux options n'est possible, c'est que la piste du véhicule électrique doit être oubliée pour l'instant.

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