Nous avons testé des pneus chinois: à fuir au plus vite

Combien d’automobilistes connaissent la marque et le type de pneus de leur voiture ? Sans doute très peu. Et pourtant, ces morceaux de caoutchouc sont sans doute l’élément de sécurité le plus important d’un véhicule et le seul qui le relie directement à la route. D’où l’importance de bien choisir ses pneus. En cherchant un peu, on accède facilement à des comparatifs plutôt fiables provenant de revues automobiles ou de sites spécialisés. Mais pour beaucoup, changer de pneus s’apparente juste à une dépense d’argent obligatoire. Alors tant qu’à faire, autant payer le moins possible…

Des pneus chinois qui se camouflent

Antares, Evergreen, Atlas ou Goodride sont quelques exemples de pneus chinois qui n’en portent pas le nom. On les trouve sans problème sur les plus grands sites de vente de pneus en ligne. Comme il n’y a aucune raison que le pays le plus peuplé du monde ne parvienne pas à fabriquer des pneus corrects, on en a essayé.

Nous avons donc commandé des Maxtrek Maximus M1, simplement parce qu’ils étaient les moins chers. Pour notre véhicule, les références pneumatiques sont les suivantes : 215/55 R17 (soit 215 cm de large sur 55 cm de hauteur sur des jantes de 17 pouces). Taxes et livraison comprises, nos pneus nous reviennent à 49 euros chacun, hors montage. Un prix plancher comparé aux 82 euros des Bridgestone Turanza et 73 euros des Falken Ziex que nous avons également fait monter sur deux autres voitures parfaitement identiques. Des voitures utilisées par les moniteurs du Centre de Maîtrise du Volant, à Oupeye, qui se sont prêtés au jeu du grand comparatif.

Sol sec : ça passe

Sur une piste sèche, les trois gommes remplissent leur rôle. Tout juste constate-t-on des déformations plus prononcées ainsi que des crissements permanents sur les pneus chinois, mais au dire d’Hugues, notre pilote du jour, l’adhérence est correcte. Cela se confirme lors du test de freinage à 50 km/h, où les trois modèles se tiennent dans un mouchoir de poche avec une voiture à l’arrêt après 15 à 16 mètres. Différence minime que l’on imputera au pilote qui, au contraire de l’ordinateur en laboratoire, ne peut réitérer exactement la même expérience, d’autant qu’on a réalisé le test deux fois avec chaque pneu. A l’issue de ce premier round, on se dit que les Chinois ont bel et bien comblé leur retard et que ces pneus d’entrée de gamme valent mieux que ce qu’on imaginait, vu leur prix. Mais ça, c’était avant de mouiller la piste !

Sous la pluie : une horreur !

L’avantage de la piste d’essai d’Oupeye, c’est qu’elle peut être arrosée. Le revêtement devient alors très glissant, censé se rapprocher des conditions hivernales. En effectuant quelques tours d’un circuit composé de virages variés et d’évitements, la différence entre les pneus saute aux yeux. Alors que Bridgestone et Falken gardent une excellente motricité, les pneus tentant sans cesse de "raccrocher", les Maxtrek chinois semblent enduits de savon liquide. En passant près de deux fois moins vite en virage qu’avec les Bridgestone (clairement les meilleurs), la voiture décroche. Mieux, une simple pression sur l’accélérateur se traduit par un patinage immédiat (les aides électroniques ayant été coupées pour la cause). Et Hugues de s’exclamer n’avoir "jamais vu ça de sa vie".

Mais le pire reste à venir avec le freinage à 50 km/h sur sol mouillé. La voiture équipée des Bridgestone s’est arrêtée en 24 mètres à peine. On en ajoute 6 pour obtenir le résultat du véhicule chaussé des Falken. Quant à nos pneus chinois, ils avouent leurs limites en ne réussissant jamais à descendre sous les 40 mètres ! Entre le meilleur et le moins bon pneu, la différence de distance est équivalente à quatre voitures compactes.

Il semblerait, d’après quelques articles dégotés dans la presse automobile, que le problème d’adhérence sous la pluie soit récurrent pour les pneus chinois. A défaut d’avoir essayé tous les modèles puisqu’on peut en trouver une cinquantaine en Belgique, on émettra un avis uniquement pour ce Maxtrek Maximus : à éviter absolument si vous tenez à la vie. La vôtre ou celle des autres usagers de la route.

Séquence dans notre JT 13h:

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