Ouragan, pluie, neige, chaleur: on peut tout recréer au Centre de test environnemental

Développer et commercialiser un nouveau véhicule prend du temps. Entre trois et quatre ans selon les modèles, malgré la conception assistée par ordinateur. C'est que les prototypes, passage obligé avant la version définitive, doivent subir une série de tests. Parmi ceux-ci, il y en a toute une série qui sont étroitement liés aux conditions climatiques et atmosphériques. Mais plus question de déplacer des véhicules aux quatre coins du monde puisque les technologies modernes permettent de recréer les pires conditions en laboratoire. A Cologne, Ford vient d'inaugurer son tout nouveau Centre de test environnemental et a convié quelques privilégiés à le visiter.

Tous les climats du monde en un seul lieu

Dans un bâtiment de 5 500 m², de grands couloirs blancs et des portes battantes gigantesques percées par une fenêtre épaisse. Derrière elles, des véhicules, un dans chacune des sept salles. Certains sont fixés par des bras métalliques et roulent en trombe... sur des rouleaux. Une soufflerie reproduit la force du vent tandis qu'un appareil projette de la pluie sur la carrosserie. Ailleurs, c'est une voiture immobile qui est recouverte de 25 cm de neige et de glace tandis que dans la salle voisine, un cabriolet est en train de cuire sous le soleil et les 40° d'un quelconque désert. Dans cette "usine climatique", les ingénieurs sont capables de reproduire toutes les conditions météorologiques du monde entier. De l'ouragan de force 5 au froid polaire (- 40°), des vents à 250 km/h jusqu'à l'air raréfié rencontré à 5 200 mètres d'altitude. Sans oublier l'humidité tropicale de la chambre pouvant atteindre des niveaux difficilement supportables pour l'homme.

Mais pour quoi faire?

Toutes ces chambres climatiques servent à tester les conditions extrêmes sur les véhicules au moment de leur développement. L'épaisse couche de neige peut servir à analyser le fonctionnement des essuie-glaces sous fortes contraintes mais aussi à vérifier le système de dégivrage, de chauffage, de verrouillage des portes ou d'isolation du toit ouvrant. Plus original, cela servira aussi à voir quelle quantité de neige risque de tomber dans la voiture au moment d'ouvrir la portière. Rien n'est laissé au hasard.

Si l'on se demande pourquoi on doit tester des voitures à une altitude qu'on ne rencontre qu'au Tibet, Ford répond qu'un véhicule sur deux vendu l'est dans une région où l'altitude dépasse les 1 000m. Et plus l'air se raréfie, plus le moteur souffre et perd de la puissance, d'où l'importance d'une conception pouvant supporter les contraintes extrêmes.

La lumière et la chaleur du désert servent aussi bien à vérifier le refroidissement du moteur que le fonctionnement de la climatisation, mais pas que cela. On pourra ainsi voir si la chaleur dans l'habitacle n'endommage pas le mobilier ou l'électronique. On mesurera la température des sièges pour éviter tout risque de brûlure ou pour tester leur résistance aux UV.

Et à chaque fois que les résultats ne sont pas probants, le prototype subit des modifications.

C'est seulement ensuite que les tests sur pistes aux différents revêtements ont lieu. Le centre de Ford se situe à Lommel, dans le Limbourg. Des essayeurs se relaient 24h/24 pour faire artificiellement vieillir les véhicules en les soumettant aux pires tortures. Et après quelques millions de km sur pistes et sur routes, les nouveaux modèles sont enfin commercialisés, à condition d'avoir franchi toutes ces étapes avec succès.

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