Nouveaux véhicules: comment choisir le bon carburant?

C'est LA question que tout le monde se pose depuis que le diesel n'est plus en odeur de sainteté : quel carburant choisir ? Alors que pendant des années, on optait pour l'essence si on roulait peu et le diesel au delà de 20 000 km, les cartes ont été redistribuées. Le dieselgate ayant fait beaucoup de dégâts, les pouvoirs publics ont durci les législations, interdisant progressivement les vieux moteurs dans les villes, voire dans toute la Wallonie. Mais le diesel n'a pas encore disparu...

Le diesel pour les gros rouleurs et véhicules lourds

En Belgique, on vend toujours six fois plus de litres de diesel que d'essence. C'est que les camions, engins de chantier ou agricoles n'ont pas encore trouvé d'alternative crédible. Le rendement du diesel permet de diminuer la consommation, et donc les rejets de CO2. C'est pour cela qu'une prime était octroyée jusqu'en 2011 pour les voitures à faibles rejets, presque exclusivement des diesels. Le secteur a été artificiellement dérégulé et il était normal que la part de marché de ce carburant diminue.

Mais l'affaire des logiciels truqueurs de Volkswagen a mis en évidence le taux anormalement élevé de rejets polluants, dangereux pour la santé. C'est le cas des oxydes d'azote (NOx) et des particules fines (PM). Pour dépolluer, il faut de coûteux appareils, ce qui fait monter le prix des véhicules. Mais en ville, c'est indispensable : il en va de la santé des habitants.

Le diesel, malgré l'augmentation de ses accises, reste mieux adapté aux gros moteurs. On peut toujours le privilégier hors agglomération, si l'on fait beaucoup d'autoroute (plus de 25-30 000 km) ou qu'on dispose d'une voiture relativement lourde (gros SUV).

Le retour de l'essence

Pour les petits moteurs, l'essence est à privilégier. Ces voitures sont les moins chères du marché mais pas les moins polluantes. Sur les moteurs à injection directe, un filtre à particule devient aussi obligatoire mais heureusement, les rejets de NOx sont, eux, minimes. Par contre, l'essence émet plus de CO et de CO2, qui est un gaz à effet de serre provoquant le réchauffement climatique.

A modèle comparable, un moteur essence consomme au bas mot un litre de plus que le diesel, parfois beaucoup plus sur les grosses cylindrées. Il s'agit aussi d'un produit pétrolier, dont on sait que les réserves ne sont pas infinies...

Le gaz enfin crédible

A côté de l'essence ou du diesel, le gaz liquide de pétrole (LPG) a toujours existé sans jamais réussir à convaincre. Mais un autre gaz commence à grignoter des parts de marché : le gaz naturel comprimé (CNG). Totalement différent du LPG, il s'agit principalement de méthane identique au gaz de ville qu'on utilise dans les chaudières. Plus léger que l'air, il est autorisé dans les parkings et monté d'origine dans certains modèles de voitures (principalement des groupes allemands et italiens où le CNG est fort répandu). Sans être totalement propre, il est beaucoup moins polluant que les autres carburants cités et ne nécessite que peu de modifications aux moteurs. Le surcoût est de 1 500 à 2 000 euros en moyenne. Un kg de CNG coûte aux alentours d'un euro et dispose d'un rendement identique à 1,5 litre d'essence ou 1,3 de diesel. Avec une consommation plus faible, les économies sont envisageables.

Idéal a priori, sauf que les stations-service ne sont pas légion en Wallonie. Les voitures au CNG ont besoin d'un réservoir à gaz assez conséquent et il y a toujours un second réservoir d'essence. Les moteurs fonctionnent alternativement aux deux énergies.

L'électricité sans rejet

Le moteur électrique est sans conteste le plus propre du lot puisqu'il ne rejette aucun polluant. Les problèmes se posent en amont, lors de la coûteuse fabrication des batteries ou de la production d'électricité. En Pologne, une voiture électrique rejette ainsi plus de CO2 qu'une essence puisque l'électricité est produite dans des centrales à charbon. En France, l'électricité est la moins polluante... à condition de ne pas évoquer les déchets nucléaires.

Mais qui a roulé en voiture électrique a du mal à repasser au moteur thermique. La douceur et les performances sont inégalables. Il faut "juste" se contenter d'une autonomie toujours assez limitée (mais en constante amélioration) ainsi que d'un temps de recharge long comme un jour sans pain. Et puis, bien entendu, il faut disposer de possibilités de recharge chez soi ou au travail ainsi que d'un portefeuille bien garni puisque les voitures électriques restent très onéreuses.

L'hybride comme transition

Pour un surcoût de 1 000 à 3 000 euros par rapport à l'essence, la voiture hybride permet de profiter d'un petit moteur électrique épaulant le moteur thermique. Cela permet de réduire considérablement les émissions polluantes en ville. Mais sur autoroute ou pour de longues distances, les avantages sont minimes, voire inexistants.

Beaucoup plus cher, l'hybride rechargeable (ou Plug-in hybride), propose des moteurs électriques et des batteries beaucoup plus conséquents. Il est ainsi possible de rouler plusieurs kilomètres (de 20 à 50 selon les modèles) en tout électrique avant de basculer automatiquement sur le moteur thermique. Mais pour en tirer la quintessence, il faut recharger les batteries dès que possible sinon on assiste à une augmentation de la consommation puisque le véhicule est beaucoup plus lourd que son homologue essence ou diesel.

L'avenir

Quelques marques proposent déjà des voitures à hydrogène, rejetant de l'eau. Mais l'autonomie et le prix ont de quoi refroidir les ardeurs des plus téméraires. D'autres pays, comme la France, misent sur le superéthanol E85 composé d'une grande part de bioéthanol mais ce carburant n'est pas commercialisé en Belgique. Au niveau mondial, on se penche sur d'autres types de biocarburants et sur des carburants de synthèse qui ne proviendraient plus du pétrole. Des chercheurs travaillent aussi à améliorer les batteries en les rendant plus propres et moins coûteuses.

Il y a donc peu de chance qu'un seul carburant s'impose finalement mais qu'au contraire, le consommateur se retrouve devant un vaste choix, impossible à imaginer il y a quelques années à peine, quand le diesel était le roi !

Journal télévisé 19/01/2019

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK