Les voitures partagées déferlent sur la Belgique

Au commencement, il y avait Cambio... Il y a déjà quinze ans que le service d'autopartage a lancé son activité à Namur, avant de s'étendre dans tout le pays. Longtemps seul sur le marché, Cambio est à présent concurrencé par de nombreuses sociétés de carsharing. La dernière en date s'appelle Poppy et vient de débarquer à Anvers au début de cette année 2018. Un peu oubliée par les acteurs du secteur, la deuxième ville du pays comble son retard en accueillant pas moins de 350 voitures flambant neuves.

Une mobilité plus verte

Originalité de Poppy : la flotte de véhicules est composée de 200 Volkswagen Golf électriques et 150 Audi A3 au CNG, le gaz naturel comprimé. Si les premières, avec près de 200 km d'autonomie, sont prévues pour un usage urbain, les secondes peuvent sans problème sortir de la métropole puisqu'elles ont une autonomie théorique de près de 1 000 km. Selon les responsables de la société, une voiture partagée remplace avantageusement 5 à 10 voitures privées.

Le principe de fonctionnement est on ne peut plus simple. A l'aide d'une application spécifique (et après avoir créé un compte), l'utilisateur peut visualiser l'ensemble des véhicules disponibles dans les 56 km² de la zone anversoise ainsi que leur autonomie. Un simple clic active la réservation. Un autre clic déverrouille le véhicule et lance le compteur. Chaque minute de roulage est facturée 33 centimes contre 10 centimes à l'arrêt. Contrairement à Cambio, il s'agit ici de free floating, c'est à dire qu'à la fin de l'utilisation, on dépose la voiture n'importe où : il n'y a pas d'emplacements spécifiques (même si des places sont prévues près des bornes de recharge électrique).

Un marché détenu par des géants

Dans le cadre du carsharing, les initiatives proviennent souvent de petites start-up. Mais celle-ci sont régulièrement adossées à un groupe plus important. Ainsi, Poppy utilise des VW et Audi parce que l'importateur D'Ieteren est partie prenante dans l'aventure. Tout comme BMW l'est à Bruxelles avec DriveNow. Car2Go, actif dans de nombreuses villes européennes et qui a différé son arrivée à Bruxelles dépend lui de Mercedes. A côté des constructeurs, il y a aussi les loueurs traditionnels qui mettent le pied dans ce lucratif marché puisqu'il concerne actuellement près de 40 000 Belges, utilisateurs de voitures partagées. Europcar a racheté Ubeeqo pendant qu'Avis faisait de même avec ZipCar.

A ces acteurs, on peut encore ajouter Zen car mais aussi un bon nombre de sites de carsharing entre particuliers. Wibee, Drivy, Cozycar, CarAmigo ou encore Bolides, en Flandre, sont les plus connus dans le secteur.

Le nombre de plus en plus important de voitures partagées sur nos routes correspond à une lente évolution de la société. Le rapport à la voiture change peu à peu. Dans les villes, le citadin veut pouvoir se déplacer sans subir les contraintes de la possession d'un véhicule (taxes, assurances, parkings, ...). Bien sûr, ces quelques milliers de voitures partagées ne sont qu'une goutte d'eau parmi les plus de cinq millions et demi en circulation, mais le concept fonctionne. Peut-être un premier pas vers une amélioration de la mobilité ?

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