Le péage à Bruxelles, un projet qui suit son cours?

Le péage à Bruxelles, un projet qui suit son cours ?
Le péage à Bruxelles, un projet qui suit son cours ? - © Jonas Hamers / ImageGlobe

"Réduire le trafic de 10% permettrait de diminuer les embouteillages de 40%". C’est avec cet argument que le ministre-président de la région Bruxelles-Capitale Rudi Vervoort (PS) a rappelé il y a quelques jours au micro de Bel RTL qu’il était favorable à la mise en place d’un système de péage à l’entrée de Bruxelles. Un système qui permettrait de limiter le nombre de véhicules dans la capitale.

L’idée n’est pas neuve mais a toujours du mal à s’implanter en Belgique. Si du côté de la capitale et de la Flandre, les élus semblent plutôt d’accord dans l’ensemble, ce n’est pas la même musique en Wallonie. Il faut pourtant trouver un accord entre les trois régions en cas de mise en place d'un tel péage, car en plus des habitants bruxellois, il faut prendre en compte les navetteurs qui proviennent des autres régions.

Enfin, si le péage permet de réduire le trafic, il devrait aussi financer les autres moyens de transports, que ce soit pour améliorer l’offre de transports en commun ou la création de pistes cyclables.

Un premier péage en 1975

Si l'on se tourne vers l'étranger, on constate que Singapour a mis en place, dès 1975, un péage dans son centre d’affaires. Londres, quant à elle, a imposé ce système dès 2003. Stockholm et Milan ont suivi le mouvement.

Londres: résultats positifs, mais peut mieux faire

Si dans l’ensemble, le péage a donné des effets positifs - aussi bien au niveau de la circulation, de la pollution et des nuisances sonores - la capitale britannique n’a pas su profiter pleinement du système. Si une réduction du trafic a été constaté dans les années qui ont suivi sa mise en place, la congestion resterait problématique du fait de la forte activité de la capitale britannique. De plus, le tarif de 10 livres sterling (environ 11,20 euros) a été critiqué par beaucoup de conducteurs. Et il ne faut pas oublier que la mise en place d’un péage reporte en partie le trafic à l’extérieur des agglomérations, diminue le commerce et n’est pas égalitaire par rapport aux personnes aux revenus plus faibles.

D’autres solutions, en alternative ou en complément, sont donc peut-être envisageables.

Mise en place de restrictions

La ville de Paris a pour sa part adopté, en 2016, la circulation alternée les jours de forte pollution plutôt que la mise en place d’une taxe comme le péage. Toutes les voitures ne peuvent donc pas circuler en même temps, la sélection se fait selon les chiffres de la plaque. La mesure a suscité beaucoup de mécontentement, pour un résultat peu encourageant, mais c’est peut-être le prix à payer pour changer les mentalités, petit à petit. 

Enfin, dans plusieurs villes, des zones de basses émissions sont aussi instaurées et la circulation y est restreinte. A l'entrée de ces villes (Paris, Lille, Strasbourg, Grenoble...), un panneau signalétique indique quelles catégories de véhicules sont autorisées à circuler les jours et heures où la restriction est active. Les catégories sont définies selon le type de moteur et l'âge du véhicule.

Plus de détails dans cet article > France: n'oubliez pas la vignette Crit'Air, obligatoire si vous voyagez dans certaines villes.

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