Boîte automatique contre boîte manuelle : le grand test de consommation

En 2018 en Belgique, on a vendu près de 40 pour cent des voitures équipées de boîtes automatiques. C’est un record en constante évolution car ce type de transmission ne cesse de s’améliorer. A cela s’ajoute le nombre croissant d’embouteillages, un trafic de plus en plus dense et une augmentation de l’étendue des zones urbaines. En terme de facilité de conduite, il n’y a rien de mieux que ce type de boîte, largement majoritaire en Asie ou aux USA, mais les constructeurs vantent à présent l’économie envisageable à la pompe. Les boîtes automatiques modernes étant programmées pour brûler le moins de carburant possible, elles seraient meilleures que les boîtes manuelles, chose inimaginable il y a quelques années à peine. Nous avons voulu vérifier !

Comment nous avons procédé…

Il faut comparer ce qui est comparable. Le premier challenge a donc été de trouver deux véhicules parfaitement identiques à l’exception de leur transmission. Volkswagen nous a confié deux Golf Sportsvan 1.5 essence (130 ch) tout à fait similaires en terme d’options, de pneumatiques et même de peinture. Mais quand une était équipée d’une classique boîte manuelle, l’autre disposait de la fameuse boîte robotisée DSG. Nous les avons confiées à Thierry et Amandine, deux téléspectateurs, et leur avons demandé de rouler sur un parcours de 25 km, à effectuer une fois avec chaque véhicule. Un peu d’autoroute, de la ville, des zones 30 et des nationales flamandes limitées à 70 km/h sont au menu de nos pilotes du jour. Le but est de mesurer la consommation en fonction du conducteur et du type de boîte. L’auteur de ces lignes a également joué le jeu, de même qu’Hugues Thomas, moniteur et administrateur au Centre de Maîtrise du Volant.

Des résultats surprenants

Si vous attendez un résultat tranché, vous risquez d’être déçu. Dans trois cas sur quatre, la boîte manuelle a moins consommé que l’automatique mais les différences se marquent plus en fonction des conducteurs et pas du type de transmission.

Ainsi, Thierry a consommé 6,4 l/100 km avec la boîte manuelle alors qu’il a consommé bien plus avec la DSG : 7,7 l/100 km. A sa décharge, il nous a avoué avoir un peu "joué" avec les différents réglages de l’automatique, n’hésitant pas à basculer en mode sport afin de le tester.

Amandine a un peu mieux géré la boîte automatique en atteignant 7,3 l/100 km mais a eu le pied (très) lourd avec la manuelle : 8,2 l/100 km. Dans son cas, la boîte DSG s’est montrée plus efficace, en régulant de meilleure manière les changements de vitesses.

Journaliste (qui applique l’écoconduite) et moniteur sont au coude-à-coude. 5,4 l/100 km (manuelle) et 5,9 l/100 km (DSG) pour le journaliste contre 5,5 l/100 km (manuelle) et 5,7 l/100 km (DSG) pour Hugues. Ces consommations plus basses que celles des téléspectateurs ne se font pas au détriment de la vitesse moyenne, légèrement meilleure. C’est le principe de l’écoconduite : anticiper, éviter les arrêts, rouler de manière fluide mais accélérer franchement pour atteindre sa vitesse de croisière.

Automatique impossible à rentabiliser

En s’appliquant avec une boîte manuelle, il est donc facile de descendre sous les meilleures consommations de la boîte automatique, qui n’anticipe pas le relief du terrain ou relance parfois à trop bas régime. Cette dernière prenant sa revanche avec des conducteurs tardant à changer de rapport ou conduisant de manière un rien plus "virile". Le surcoût à l’achat de la boîte automatique (au moins 1 500 euros) sera quasi impossible à récupérer au roulage. Mais on choisit cette dernière principalement pour son agrément, surtout en ville ou dans les embouteillages. Si vous cherchez à économiser sur les frais de carburant, on vous conseille plutôt les cours d’écoconduite, à condition de les appliquer au quotidien.

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