Sapin de Noël : lequel et à quel prix ?

C’est la saison, ça sent déjà bon le sapin. On est pourtant encore en novembre, mais les producteurs de sapins belges, principalement ardennais, sont sur pied de guerre. Enfin guerre, quand on parle de Noël, c’est un peu étrange. Mais la guerre des prix, ça oui, c’est parti. Alors lequel choisir et où l’acheter ? Nous avons enquêté !

Mon Idée… Oui, oui, Mon Idée ! C’est le véritable nom d’un petit village près de Neufchâteau. Nous sommes à 500 m d’altitude. C’est ici que nous rencontrons Louis Brasseur, le roi belge du sapin. Mieux, l’empereur ! Il fait partie du top 10 européen des plus gros producteurs de sapin de Noël. Pas mal. C’est donc la bonne adresse pour récolter les infos de saison : "En ce moment, nous tournons avec environ 150 personnes sur nos 3 sites de production, près de Bièvre et ici dans la région de Neufchâteau. Ce sont des terres propices pour produire des conifères parfaits".

La Belgique n’a pas à rougir face à ses concurrents polonais et surtout danois. La qualité du sapin belge est vraiment top. "Voyez ce sapin de type Nordmann", poursuit Louis Brasseur, "Nous en sortons trois qualités différentes, en fonction des commerces qui les commandent. Pour ce Nordmann de 2 mètre de haut, qualité extra, plein de branches et d’aiguilles sur toute sa surface, avec une forme parfaite, il faut compter entre 40 et 65 euros en magasin". Quoi ? Entre 40 et 65 euros pour le même arbre ? Hé oui, les grandes surfaces pratiquent très souvent des prix sacrifiés et comptent sur la vente des sapins de Noël pour attirer des clients, qui achèteront alors autre chose dans leur enseigne. Bref, le sapin sert de produit d’appel, et il est alors moins cher qu’en pépinières.

Le sapin Nordmann existe en 3 qualités différentes

Il faut être attentif à la qualité, il y a 3 catégories de Nordmann :

  • la qualité extra,
  • la première qualité
  • la qualité standard

Une étiquette doit préciser le niveau de qualité sur le sapin, du moins si le producteur a correctement fait les choses. De nouveau, soyez regardant au moment de l’achat !

L'Abies fraseri : le nouveau-venu qui pourrait changer la donne

Un petit tuyau pour cette année : une nouvelle sorte de sapin de Noël, encore méconnue, pointe le bout de son nez : l’Abies fraseri. D’origine américaine, c’est le cousin du Nordmann, en ce sens qu’il ne perd pas ses aiguilles. Mais il y a un plus : il est odorant, alors que le Nordmann ne sent rien. Et il est 10% moins cher, car moins connu et donc moins demandé : "Pour le consommateur, c’est un très beau produit", enchaîne Louis Brasseur. "A mes yeux, il est même encore plus beau que le Nordmann, mais voilà, sa part de marché atteint 10% en Belgique, pour 70% au Nordmann". Voilà donc une alerte conso de premier plan ! LAbies fraseri, un nom un peu barbare… à retenir pour sa beauté et son prix imbattable.

Optez pour un support écologique et bon marché

Maintenant, votre sapin de Noël, il faut qu’il tienne droit dans le salon. La plupart des belges disposent d’un pied de sapin, vendu bien cher. Mais Louis Brasseur, qui est également leader sur le marché français, propose tout autre chose pour ses clients de l’Hexagone : "Voyez cette bûche coupée en deux et plate. On y crée un trou et on affine le tronc du sapin ici, avant l’expédition. A l’arrivée, le client met le sapin dans le trou, la bûche à plat et le sapin est debout ! C’est joli, rustique et surtout…pas cher !"

"Cependant, ce système très simple n’est pas du tout commercialisé en Belgique", explique Louis Brasseur. "Chez nous, les revendeurs favorisent la vente de pieds en plastique". Ben oui, ces pieds artificiels et souvent moches coûtent plus de 30 euros pour 5 euros à la bûche. Vous avez compris, c’est une question de profit ! Grrr….

Autre option chez nous, le sapin en pot, avec ses racines. Avantage ? "Le sapin se conserve un peu plus longtemps. Et puis il tient dans le pot, pas besoin de support extérieur. Mais si vous comptez le replanter dans le jardin ensuite, les chances de reprises sont minces. Car les racines ont quand même été recoupées. Avec le choc thermique et avec des racines rétrécies, il y a 60% de chance qu’il meurt après replantation".

Le Japon en ligne de mire

On prend congé de Louis Brasseur sur une note exotique : cet artisan devenu grand exporte maintenant ses sapins en France bien sûr, mais aussi en Grande-Bretagne, en Russie et depuis cette année… au Japon ! "Après 37 jours de voyage, les sapins wallons arriveront en terre japonaise. Ils sont transportés en bateau dans des containers réfrigérés et humides, pour assurer leur conservation. Le résultat ? Je n’en sais rien. On verra. Mais c’est un joli challenge".

Louis Brasseur n’arrête décidément jamais. En face de son entreprise, il nous fait signe au milieu des bébés sapins qui ont été plantés récemment. "Dans 6 ans, ils seront dans votre salon". 50 cents lors de la plantation, un peu plus à la revente, mais beaucoup d’entretien avant la coupe, de l’attention et beaucoup de passion…

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