Tampons hygiéniques : et si on arrêtait de paniquer ?

Tampons hygiéniques : et si on arrêtait de paniquer ?
Tampons hygiéniques : et si on arrêtait de paniquer ? - © Wikimédia

Des pesticides dans les tampons hygiéniques, du chlore, du benzène, des phtalates : on a pu lire des informations particulièrement alarmantes sur les protections féminines à la fin de l'année dernière. D'après certains médias, les tampons étaient même directement responsables de chocs anaphylactiques, une réaction allergique extrêmement violente entraînant un risque vital.

Ces accusations très graves ont été colportées d'autant plus facilement que la composition des tampons ne figure pas sur les emballages, les fabricants n'ayant pas d'obligation légale à ce propos.

Le vrai du faux

Alors comment distinguer le vrai du faux et savoir si oui ou non utiliser des tampons comporte un risque pour notre santé ? Commençons donc par la composition. En réalité, elle n'a rien de secret. Il suffit de consulter le site de certaines marques leader sur le marché pour la connaître: de la viscose, du coton, du polyester, du polyéthylène, voilà pour les éléments constitutifs.

Mais les protections peuvent-elles malgré tout receler des substances toxiques? Pour le savoir, nous avons décidé de soumettre des échantillons à des analyses scientifiques en laboratoire.

Bien sûr, nous n'avons pas pu soumettre tous les tampons hygiéniques présents sur le marché. Nous nous sommes donc concentrés sur les modèles les plus courants des marques OB et Tampax.

A notre demande, l'Institut de Vigilance Sanitaire du Hainaut a alors recherché des traces de substances peu recommandables comme le benzène, le toluène, le chlore, l'aluminium, des pesticides, des phtalates... En clair, les composés nocifs incriminés dans certains articles de presse. Le résultat a été sans équivoque : aucune trace de ces substances n'a été trouvée dans nos échantillons.

D’autres médias avaient par ailleurs titré sur la présence de Round-Up - le redoutable herbicide de Monsanto- dans les tampons. Ils faisaient référence à une étude argentine, étude jamais publiée. Nous avons donc également recherché les fameuses traces de glyphosate - la substance active du Round-Up- dans les protections féminines. En vain… Le laboratoire qui a analysé nos échantillons n'en n'a, fort heureusement, retrouvé aucune.

Aucun produit toxique mais...

Exit donc la dramatisation de notre vie intime, pour notre part, nous n'avons pas trouvé de substance préoccupante, toxique, potentiellement dangereuse dans les tampons hygiéniques.

Mais faut-il en conclure pour autant que les femmes ne courent aucun danger à en utiliser ? Ce sont les marques elles-mêmes qui apportent la réponse, sur les emballages et les notices d'utilisation.

C'est vrai, l'insertion de tampons dans le vagin peut provoquer un choc anaphylactique. Pourquoi ? Parce que certaines femmes présentent un staphylocoque doré au niveau vaginal et dans certaines conditions, comme un déficit immunitaire, ce staphylocoque peut migrer sous l'impulsion d'un corps étranger, comme un tampon, et passer dans le sang. C'est rarissime mais cela peut se produire avec un tampon, une coupelle, une serviette hygiénique...

Ce qui est, par contre, beaucoup plus courant, c'est une irritation au niveau des muqueuses vaginales. En effet, les tampons absorbent bien sûr le sang menstruel mais également les sécrétions vaginales. En tout état de cause, on recommandera d'éviter les tampons les plus absorbants et de changer de protection toutes les quatre heures.

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