Réduction du gaspillage alimentaire :"Foodwe" et les grands magasins

Ce lundi 17 octobre, Journée mondiale de lutte contre la pauvreté, "On n'est pas des pigeons" enquête sur les invendus alimentaires. Il y a ceux qui sont donnés par la grande distribution. Il y a aussi ceux qui sont des excédents de production. Chez certains agriculteurs ou éleveurs, il peut y avoit trop de pommes, de poires ou de poulets. Alors, que faire? Les jeter? Non!

La plate-forme "Foodwe" permet, sur internet de mettre en relation des producteurs (agriculteurs ou éleveurs) avec des associations caritatives. Pourquoi? Pour écouler leurs invendus et réduire ainsi le gaspillage alimentaire. Foodwe fonctionne avec des bénévoles. Ce projet existe depuis bientôt 2 ans et a permis de ne pas jeter environ 200 tonnes d'aliments encore consommables.Sur ce site, le professionel de l'alimentation peut soit donner ses marchandises, soit les vendre mais pas à n'importe quel prix comme le précise Olivier Neufkens, un des responsables de Foodwe : " La seule contrainte que nous mettons est de vendre le produit excédentaire à 60% maximum du prix de vente consommateur. Mais c'est le producteur qui définit son prix parce qu'il couvre les coûts de production et de stockage. Ce produit est aussi livré dans les meilleures conditions directement dans les associations. Ainsi, Frederic Antoine, le gérant de "la Pouletterie", une élevage de poulets à Lustin, vient de livrer une cinquantaine poulets à l'association namuroise "Une main tendue". Cette asbl fournit de l'aide alimentaire à plus d'un millier de familles à Namur. Environ 10% de l'approvisionnement de cette association provient de Foodwe. Et comme le dit Didier Arnouts, le responsable Alimentation d'"Une main tendue", "...parfois il y a des surprises, parfois, il y a du chocolat, parfois, il y a des fruits mais tout est bon chez nous, tout est surprise. Quand on ne s'attend à rien, on ne peut pas être déçu".

La grande distribution

Une autre partie des aliments qui arrivent à "Une main tendue" provient des grandes surfaces.  Tous les jours ou presque des bénévoles font la tournée des invendus Carrefour mais aussi Colruyt, Aldi et Delhaize. Ces invendus, proviennent surtout du rayon "frais". Chaque jours les distributeurs retirent des produits de leurs rayons. Il y a surtout des fruits et légumes, des yaourts, du beurres des oeufs ... Chacun a ses propres règles. par exemple Carrefour retire les articles à deux jours de la date limite de consommation (DLC), Colruyt à 4 jours avant la DLC. Chez Delhaize, les bénévoles d'"Une main tendue" ne prennent pas livraison des invendus à l'arrière du magasin. Ils font le tri directement dans les rayons. Tous les produits aux étiquettes jaunes c'est pour l'association!

1300 tonnes chez Delhaize

En fait, la plupart des grandes surfaces se sont décidées à donner leurs invendus alimentaires un peu contraintes et forcées par un décret wallon de 2014 et une ordonnance de la région bruxelloise de 2015. La suppression de la TVA sur les dons alimentaires a ajouté à la "bonne volonté". L'image de marque aussi, certainement. Cette année, Delhaize a ainsi déjà donné 1300 tonnes d'invendus, Colruyt, 500 tonnes, Aldi, 500 caddies par jour. Carrefour n'a pas communiqué de chiffre pour la Belgique.   

Logistique

Pour recevoir ces produits, les associations doivent être équipées : "Une main tendue" compte non seulement sur ses bénévoles mais elle possède aussi une camionette, des frigos, une chambre froide.... "... la logistique peut devenir un très gros problème puisque nous travaillons avec des produits dont la date limite de consommation est très courte. Donc, il faut distribuer le plus vite possible.", précise Didier Arnouts. Avec tous ces invendus, "Une main tendue" distribue, presque tous les jours,des colis alimentaires (2,50 euros) et propose des repas complets (2 euros) dans son restaurant social. Un soulagement pour les plus démunis, comme Andrée :" Il y a plus de 12 ans que je viens ici. J'ai déjà été dans la misère aussi et ça continue .. j'ai des gros problèmes de tous les côtés. Je paye 620 euros de loyer, je n'y arrive pas. Alors je viens manger ici tous les jours pour arriver à la fin du mois.".

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