Le folder : source de plaisir, d'info ou de gaspillage?

Les folders : chaque semaine, votre boîte aux lettres en accueille en moyenne une vingtaine. Et vous les ouvrez : les études à ce sujet affirment que 92% des Belges les lisent. Même qu'ils y passent en moyenne 20 minutes par semaine.

"Pas de pub" ? Pas de problème !

Et ne croyez pas que les gens qui ont un autocollant "pas de pub" résistent mieux à la tentation. Pierre-Alexandre Billiet dirige Gondola, un magazine qui scrute les tendances du commerce et de la publicité. Et il a analysé les sondages sur la question :

"Sur base d'une étude déclarative, on a identifié ceux qui ont un autocollant "Pas de pub" et on leur a proposé des folders. On a vu qu'il y avait un intérêt, qu'ils les lisaient, qu'ils les regardaient... Ce n'est pas parce qu'il y a un autocollant "Pas de pub" qu'on n'est pas intéressé."

Un média non-intrusif ?

Pierre-Alexandre constate que, bon an mal an, le bon vieil imprimé publicitaire reste, mais oui, apprécié, par le consommateur :

"Quand on sait que le Belge est aujourd'hui bombardé de 3 à 5.000 messages publicitaires par jour, le folder, médium assez ancien, assez archaïque, est vu comme moins intrusif. Quelque chose que le consommateur a dans sa boîte et qu'il est prêt à lire."

1 000 pubs par an dans votre boîte !

Changement de décor. Nous sommes dans le centre logistique de BD Myshopi. C'est le numéro 1 de la diffusion de folders : 4,5 milliards par an. Comme il y a 4,5 millions de boîtes aux lettres en Belgique, le calcul est vite fait : 1 000 imprimés publicitaires par an par ménage belge.

Ce qui a donné envie à la société de créer le concours du folder de l'année. Pas moins de 30.000 personnes ont voté pour leur folder préféré.

Folder préféré ? Il y a vraiment un lien affectif entre les gens et leur dépliant ?

Jean Stainier, porte-parole de BD Myshopi est formel : la réponse est oui!

"Ce qu'on voit sur le terrain, c'est qu'on a des gens qui attendent réellement ce folder, qui attendent le passage de nos coursiers pour découvrir les promos de la semaine. On  a plus d'une centaine de coursiers qui font ce métier depuis des années, et qui ont un lien avec les consommateurs. Quand le folder n'arrive pas au jour dit, ils se posent des questions, ils s'inquiètent..."

Qu'est-ce qui fait que le Belge aime le folder ?

Depuis 20 ans, Joëlle pose la question à des panels de consommatrices. Et elles lui ont répondu :

"Un moment qui nous est régulièrement raconté comme un moment de plaisir, c'est le mercredi après-midi. Madame est allée chercher les enfants à l'école, elle a couru, elle leur a fait à manger, elle est allé les conduire à leurs activités, elle les a recherchés, il est 16 heures, il sont soit au jardin, soit devant la télé, elle se fait une tasse de café (à l'époque, certaines allumaient une cigarette). Et elle parcourt les folders. C'est un vrai moment de plaisir."

Un plaisir, mais un plaisir déculpabilisé

"De manière rationnelle, je peux dire : "Ça me permet de regarder ce que je vais pouvoir acheter, ça me permet d'être un petit chasseur de bonnes affaires. Donc, ma mission de ménagère est remplie."

Il faut savoir que l'époque des clients fidèles est révolue. C'est chaque semaine que les supermarchés se battent pour attirer les clients chez eux plutôt qu'en face. A coups de promo sur la une du folder. Et tant pis pour le papier gaspillé !

Digital ? Pas encore !

N'empêche... A l'heure de l'internet, le folder papier, il est dépassé, non ? L'avenir, ce n'est pas le digital ? Pierre-Alexandre n'est pas de cet avis : "On voit que le degré d'utilisation du folder papier reste plus important que pour le folder digital. Beaucoup d'applis permettant de lire des folders digitaux ont été téléchargées mais très peu de monde les utilise."

Ce que confirme Joëlle : "On va peut-être passer un jour au full digital, mais à mon avis, on ne sera plus là pour le voir."

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