La pleine conscience pour tous les goûts et toutes les bourses

C'est la grande tendance au rayon développement personnel. Dans une librairie namuroise, une table et une étagère y sont même consacrées. Certains livres deviennent des best-sellers mais, succomber à ce business de la pleine conscience, n'est sans doute pas la meilleure manière de se former.

Sandrine Deplus, psychologue et psychothérapeute, spécialiste de la pleine conscience nous prévient : " On n'apprend pas la pleine conscience dans un livre. Comme on n'apprend pas à jouer au piano dans un livre. C'est vraiment une pratique. C'est vraiment quelque chose qui s’entraîne au jour le jour, par l'expérience." Il faut donc passer par la pratique. Pour ce faire, ici non plus, les possibilités ne manquent pas. De la conférence de deux heures à la croisière de plusieurs jours, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

Avec un moine bouddhiste

Premier exemple : dix euros pour écouter une heure un moine bouddhiste. Il nous rappelle les origines de la pratique. " En général, les gens avaient l'impression que ... La méditation était perçue comme quelque chose de tout à fait séparé de notre vie quotidienne. On avait tendance à la considérer comme une pratique pour se rendre dans un monastère ou bien une retraite, quelque chose de presque mystique, mais en fait, c'est quelque chose que vous pouvez parfaitement pratiquer derrière votre ordinateur, dans un bureau." Le moine invité à la conférence rappelle ensuite quelques bienfaits de la pleine conscience dans le monde du travail. "La pleine conscience peut réduire votre stress. Ça peut vous aider à développer la clarté, la présence d'esprit, la conscience et la concentration." Les organisateurs de la conférence n'ont pas tenté de faire de nous de nouveaux adorateurs de Bouddha. La formation semble bien ici dénuée de toute notion religieuse.

De la pleine conscience avec les dauphins?

Plus surprenant, notre deuxième exemple nous plonge littéralement dans le monde des dauphins. Pour la somme de 1 600 euros la semaine, vol compris. L'une des organisatrices qui nous reçoit aimablement chez elle pour présenter la croisière est, elle, conquise par l’expérience. " C'est juste grandiose. Quand vous vivez ça, vous buvez l'eau de la mer. On a bu toute la mer. On ne sait plus comment on s'appelle." Son amie organisatrice raconte à son tour. " Ils nagent avec vous tout simplement. On les voit se caresser avec leurs ailerons. Il font l'amour, ça dure quelques secondes et hop! Ils repartent. Il refont l'amour avec quelqu'un d'autre, hop, ils repartent et voilà, ça, c'est leurs vies." "Ce sont les bonobos de la mer." complète la première. Mais la pleine conscience dans tout cela, où est-elle? " Il y a peut-être des exercices à faire une fois que l'on est dans l'eau avec les dauphins ou c'est séparé complètement? " Ai-je alors demandé. " Non, ça se fait sur le bateau. Avec les dauphins, ça, il faudrait que j'y réfléchisse parce que c'est vrai que je n'ai jamais fait des exercices de pleine conscience dans l'eau avec les dauphins." répondit l'une des organisatrices.

La pleine conscience est donc simplement pratiquée avant de rejoindre les dauphins, histoire de se mettre dans de bonnes conditions. Tout cela peut paraître amusant, mais notre spécialiste de la pleine conscience, Sandrine Deplus, nous met néanmoins en garde. " Je pense qu'il faut être attentif dans certaines circonstances. Je prends l'exemple de personnes qui ont vécu des traumas, qui ont vécu des événements traumatiques. Et bien, le fait d'être confronté à leur expérience particulièrement autour d'exercices corporels, ça peut les amener vraiment à être en grande difficulté, en grande détresse." Si vous souffrez donc d'un problème psychologique mieux vaut se tourner vers un professionnel de la santé mentale. La pratique est reconnue et certaines mutualités remboursent même une partie de la formation.

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