La photo de son père hospitalisé sur des paquets de cigarettes: il veut avoir des réponses

"Ca a été un choc, les jambes coupée... On se dit 'Non, ce n’est pas possible !'. Il y a tout qui passe a par la tête. Il y a les souvenirs de mon père. Il y a la rage, parce que comment a-t-on pu mettre la photo de mon père sur un paquet de cigarettes sans qu’on soit au courant ? , voilà la réaction de Serge Nizet lorsqu’il a découvert un photo qui sert d’avertissement aux dangers de la cigarette qui - il l’affirme -, représente son père sur un lit d’hôpital.

"Pourquoi a-t-on pris des photos de mon père sur son lit d’hôpital ?", cette question obsède Serge Nizet depuis plusieurs mois. Il effectue des recherches. Mais ne trouve, pour l'instant, que de nouvelles questions : "Qui a pris ces photos ? Pourquoi a-t-on laissé entrer une personne inconnue de la famille aux soins intensifs alors que c’est assez strict pour y pénétrer ? Toutes ces questions-là restent sans réponses . Surtout que pour Serge, son père, décédé voilà maintenant 6 ans, n'aurait pas donné son accord : "Il n’aurait pas pu donner son accord, c’est impossible puisqu’il était dans le coma. On n'aurait même pas pu lui poser la question après, puisqu’après il est devenu hémiplégique. Il ne savait plus parler. Le connaissant, il n’aurait jamais accepté. C’est quelqu’un de beaucoup trop fier".

600 000 euros

En fait, c'est une directive européenne qui impose de placer, sur les paquets de cigarettes, des avertissements sanitaires combinés à des photographies. Un document d'information de la direction générale Santé de la Commission européenne précise qu'elle gère une bibliothèque de 42 images.

Selon ce document, elles ont été prises par des sociétés externes pour 600 000 euros ! La Commission détient les droits d'auteur et toutes les personnes représentées ont donné leur consentement.

Et comme pour répondre à Serge Nizet, le document précise : "Toute ressemblance avec des personnes n'ayant pas donné leur consentement est regrettable mais n'est que pure coïncidence". Serge a voulu aller plus loin, contacter les représentants de la Direction Santé de la Commission européenne mais il s'est heurté à un mur : "J’ai essayé de les joindre. En vain. On m’a trimbalé dans des labyrinthes téléphoniques. Oui, non, c’est pas nous, c’est là-bas …. Je veux vraiment avoir des réponses et je les aurai coûte que coûte".

Serge Nizet veut des certitudes. Il est prêt à aller au procès pour obtenir des réponses.

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