Hypersexualisation : les enfants aussi peuvent être concernés

Décolletés provocants, hauts talons, lingerie dévoilée, déhanché suggestif... L'hypersexualisation est un phénomène de société assez récent véhiculé notamment par les clips, la pub ou encore certaines émissions de télé-réalité. Les adolescents sont concernés mais aussi ceux que l'on appelle les "tweens", une contraction de teenager et between pour évoquer la tranche d'âge entre 5 et 13 ans. C'est dire si le phénomène peut apparaître de manière très précoce.

L'hypersexualisation, c'est un " usage excessif de stratégies axées sur le corps dans le but de séduire " selon la définition de la psychologue canadienne Sylvie Richard - Bessette. A titre d'exemple, certaines images véhiculées par les médias ont d'ailleurs choqué dans un passé récent. On pense ici à la fille de la comédienne Véronika Loubry, posant pour un magazine dans des tenues et des poses tout-à-fait déplacées pour une jeune enfant.
Toujours dans le registre de la mode, les maillots aux imprimés " léopard" de la collection imaginée par l'actrice Liz Hurley ne sont pas non plus passés inaperçus.

Une tendance de fond?

Pour autant, s'agit-il réellement d'une tendance de fond, notamment dans les collections pour enfants? Catherine Pleeck, journaliste au Vif -Weekend ne le pense pas. Pour elle , il s'agit plutôt de cas isolés de people qui ont pu défrayer la chronique à un moment ou à un autre.
Et d'ailleurs en boutique, celui qui veut réellement se procurer ce genre de vêtements, déclinaisons de modèles adultes en taille enfants, aura du mal à en trouver. Par contre, ce que l'on constate c'est un désir des parents de quitter les codes enfantins classiques - le rose, le bleu ciel par exemple- pour aller vers des lignes moins sages, plus élaborées, plus créatives en tout cas.


Quoiqu'il en soit , accepter qu'un enfant s'habille comme un adulte en miniature n'est pas anodin.
La pédopsychiatre Carine De Buck a contribué à la brochure éditée par Yapaka et portant précisément sur l'hypersexualisation des enfants.
Elle rappelle une distinction fondamentale : se déguiser, porter des talons et des robes de princesse, c'est un comportement qui fait partie du développement normal d'un enfant qui emprunte les codes des adultes pour s'identifier au modèle maternel par exemple. Ces jeux de rôle sont créatifs , ils développent l'imaginaire et sont non seulement adéquats mais aussi nécessaires.


Tout autre chose est de s'habiller dans des tenues d'adultes, à fortiori connotées sexuellement, en-dehors de la sphère privée et de l'espace du jeu. Derrière chaque enfant, il y a un parent qui consent ou non à ce genre d'accoutrement . Et c'est bien à l'adulte qu'il appartient de poser des limites et de respecter le développement psycho-affectif d'un enfant. En lui laissant le temps de grandir, tout simplement.

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