Gembloux: "Orno", la 10ème monnaie citoyenne de Wallonie

Événement dans le monde des monnaies citoyennes : une 10ème monnaie locale est appelée à naître. Il s'agit de l'Orno. Il sera mis en circulation dans les magasins à Gembloux, dès le 16 juin. Comment fonctionnent ces monnaies locales dont l'utilisation a été boostée chez nous par le documentaire "Demain"? De qui dépendent-elles? A quoi servent-elles? Beaucoup de questions et de réponses ...

Sophie est une utilisatrice convaincue. Ce matin, à Liège, elle achète un jouet pour 29 Val'heureux... alors, cette monnaie, on peut l'utiliser partout? Non, uniquement à Liège et ses environs : "J'utilise souvent le Val'heureux" pour faire mes courses à Liège. J'habite près d'Esneux en Ourthe-Amblève et depuis octobre, on peut utiliser le Val'heureux là-bas aussi. On peut aussi l'utiliser à Verviers". Et dans beaucoup d'autres endroits en province de Liège.

9 monnaies citoyennes en Wallonie

En Wallonie, il y a actuellement neuf monnaies citoyennes : de Ath, avec le "SolAToi" à Malmedy et son "Sous-rire" en passant par le "Lumsou" namurois et "l'Epi Lorrain" en Gaume. Cela un représente une masse monétaire d'environ 500 000 euros. Tous ces démarches sont soutenues par le réseau "Financité", une asbl qui accompagne toute les initiatives de finance solidaire. Alors, pourquoi une monnaie locale ? Réponse d'Eric Dewaele, coordinateur à Financité : " Une fois que vous avez transformé des euros en unités de monnaie citoyenne, vous faites vivre une économie qui correspond aux valeurs des gens qui ont créé le système. A priori, il n'y a pas de raison que les euros que j'utilise pour acheter mon pain soient les mêmes euros qui servent à la spéculation sur les marchés internationaux. En utilisant les monnaies citoyennes, vous consolidez le système et surtout vous avez une maîtrise citoyenne sur le fonctionnement de ce système et ça, c'est assez nouveau". L'objectif est de développer le commerce local. Si vous payez en "Blés", par exemple à Grez-Doiceau, vous encouragez les producteurs des environs. Danièle l'a bien compris. Elle organise ses achats en fonction : " Moi je prends chaque mois 250 euros de mon budget nourriture que j'échange en "Blés" pour me forcer à acheter local parce que si je vais dans un grand magasin où il y a absolument tout, je vais être tentée de prendre le fenouil d'Espagne dans le grand magasin. Ici, chez "Biosphère", il est produit en Belgique". Pour que le système fonctionne parfaitement, le commerçant doit aussi payer ses fournisseurs en monnaie citoyenne. C'est ce qu'on fait au magasin "Biosphère" à Dion-Valmont. Les virements en "Blés" se font même par ordinateur. Pour Anne Lemineur, gérante de "Biosphère", tout cela dope l'économie locale : "Je vais chercher un fournisseur qui travaille à proximité et qui a envie de favoriser l'économie locale. J'irais peut-être pas chercher ce fournisseur-là s'il ne travaillait pas avec les "Blés"".  

Ce système monétaire est garanti. L'équivalent de la valeur de toutes les monnaies citoyennes est déposé en euros sur un compte bancaire : cela représente donc environ 500.000 euros. Alors, tous ces euros, à quoi servent-ils ? "Pour l'instant, ils ne servent à rien", Eric Luyckx, le cofondateur de l'asbl "Les Blés" propose une solution : "L'idée serait d'utiliser ce compte pour financer les projets locaux. Il faudrait que l'ensemble des utilisateurs soit d'accord pour dire qu'il n'est plus nécessaire de couvrir la valeur des monnaies à 100% mais par exemple à 75%. On pourrait alors consacrer un quart de cet argent qui dort sur un compte pour le réinvestir dans l'économie locale". Le bon fonctionnement du système est basé sur la popularité des monnaies citoyennes. Un succès qui se mesure aujourd'hui par la naissance l'"Orno" à Gembloux, la 10ème monnaie citoyenne de Wallonie.

Plus d'infos sur l'Orno ? Voir ici !

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