Coronavirus : pourquoi les bourses mondiales ne ferment pas ?

Coronavirus : bourse en chute
Coronavirus : bourse en chute - © mikroman6 - Getty Images

C’est un des effets du coronavirus : les cours chutent partout dans le monde ! De quoi s'inquiéter et se poser pas mal de questions sur l'avenir économique de tous les pays....

Ne vaudrait-il pas mieux mettre la bourse en quarantaine également si l’on veut éviter une terrible récession ? Pour y répondre, nous avons contacté Bruno Colmant, professeur de finances à l’UCL.

Avec deux krachs en une semaine, les bourses ont-elles intérêt à continuer de fonctionner ?

Une bourse sert à formuler la valeur des actions et obligations.
Donc si on l’empêche de fonctionner, c’est comme si on retenait l’eau dans un barrage. A un moment, vous savez que ça va craquer. C’est pour ça qu’il faut toujours laisser couler un peu d’eau vers le bas. La bourse, c’est la même chose. L’eau accumulée dans le barrage, ce sont les acheteurs et les vendeurs. Le filet d’eau qui coule, ce sont les transactions qui sont fabriquées. Et tout cela permet au système financier de ne pas exploser. 

Même si le monde entier est à l’arrêt ?

Je vous en parle en connaissance de cause parce que je dirigeais la Bourse de Bruxelles en 2008 lors de la crise des subprimes et la même question m’avait été posée par le premier ministre de l’époque. On avait alors décidé de ne pas fermer la bourse parce qu’il fallait que des accès au cash soient autorisés. Pour rappel, la bourse est constituée d’acheteurs et de vendeurs. Les acheteurs achètent, les vendeurs vendent… Mais si on ferme une bourse, le vendeur ne peut pas vendre son titre et donc obtenir du cash. Et ça, ça peut être embêtant pour lui car il a besoin de cet argent pour rembourser lui-même des obligations et des dettes qu’il a.

C’est donc pour protéger le système économique que les bourses restent ouvertes…

En effet. Si la bourse ferme et que les gens ne savent pas du tout quand elle va rouvrir ou dans quelle condition, il y aura sans doute un montant gigantesque de transactions au moment de la reprise, avec le risque de voir tout le système sauter.

A court terme ou à long terme ?

Les deux. C’est d’ailleurs pour ça que pendant les guerres, les bourses ne ferment pas. Elles font vraiment fait partie du système financier. Après le 11 septembre, il y a eu une fermeture à New York pendant trois quatre jours, mais c’était dû à un problème technologique.

Quid des banques ? Vont-elles rester fortes même si le coronavirus fait plonger les bourses ?

Bien sûr. J’en dirige une (NDLR : CEO de la Banque Degroof Petercam). Je suis apaisé et rassurant car la Banque Centrale Européenne est là pour donner du financement aux banques en cas de problème. Il n’y a vraiment aucun risque au niveau bancaire. C’est ça qu’on a appris de 2008… C’était un peu le brouillon de 2020. On a vu ce à quoi on a échappé. Donc aujourd’hui, les banques centrales donnent du cash aux banques si c’est nécessaire. Il n’y a pas de souci.

Nul besoin alors d’aller vider ses comptes de crainte que les banques s’effondrent ?

Cette peur est infondée. Les gens pensent souvent que le papier est plus rassurant mais il a la même valeur que ce qu’ils ont en banque. Il ne faut pas paniquer et aller chercher du cash. Aujourd’hui, on est dans un monde de paiements électroniques qui fonctionne parfaitement bien.

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