Blogueurs/Youtubeurs: quelle publicité dans les publications?

Blogueurs/Youtubeurs: la publicité dans les publications
Blogueurs/Youtubeurs: la publicité dans les publications - © Pixabay - Firmbee

Elles s'appellent Chiara Ferragni, Garance Doré, Betty Autier... Elles sont blogueuses mode. Elles ont fait de leur passion, un métier, une entreprise. Chiara ferragni est désormais une égérie pour la marque Pantène. Son entreprise génère chaque année entre sept et huit millions de dollars. La Française Betty Autier gagnerait entre 300.000 et 500.000 euros par an. Mais que se cache-t-il derrière leurs publications? Probablement beaucoup d'argent. les marques ont fait des blogueurs et des youtubeurs leur nouveau terrain de chasse. Le phénomène est devenu mondial. Il touche aussi la Belgique.

Luffy veut rester indépendante

Originaire de Mons, Lufy possède sa chaine Youtube depuis quatre ans... Elle y dévoile ses astuces maquillage, beauté, lifestyle. Elle compte désormais près de 380,000 abonnés sur sa chaine, 231.000 sur Instagram et 38.000 sur Facebook. Sa popularité est croissante. Lufy est principalement payée par les publicités diffusées avant et après chacune de ses vidéos, mais il lui arrive aussi d'avoir des collaborations avec des marques, des collaborations rémunérées. Les montants de ces partenariats, elle préfère ne pas les divulguer.

Une dizaine de marques lui envoient régulièrement des produits. Elle choisit ensuite d'en parler ou non. Lufy souhaite rester indépendante sur sa chaine. "Je ne démarche pas les marques. Elles nous envoient un mail en nous disant qu'il y a un produit qu'elles veulent nous envoyer. Je demande tout le temps ce que la marque veut après l'envoi du produit. Est-ce un test ou veut-elle que j'en parle? Si c'est un test et que je peux faire ce que je veux alors j'accepte de recevoir le produit, mais si on me demande obligatoirement d'en parler alors j'évite parce que c'est clairement demander une publicité", explique Lufy.

Un travail qui mérite salaire

Si le produit plait à Lufy, elle va décider d'en parler. Il lui arrive aussi de parler des produits qu'elle n'a pas aimé. Tenir une chaine Youtube n'est pas de tout repos. Lufy compte deux jours de travail par vidéo. Elle en poste trois par semaine. Un peur d'argent est donc le bienvenu. "Quand je présente un produit que j'aime, si en plus, je peux avoir une rémunération pour le travail fourni et pour la visibilité qu'il y a à apporter sur ma chaine, je trouve ça bien et je trouve ça même normal. c'est logique qu'on soit rémunéré", raconte-t-elle.

Les chaines Youtube comme la sienne sont devenues de vrais viviers pour les marques. "Les chaines Youtube sont devenues un écran parfait pour la publicité, mais après chacun doit avoir sa conscience. Dans mon cas, je ne parle pas de produits que je n'ai pas aimé, même si on veut me payer".

Une influence très importante

Komono est une marque belge qui s'exporte de plus en plus. Leurs montres et lunettes sont portées par plus de 200 blogueurs à travers le monde. La marque a décidé de compter sur le réseau influent des blogueurs pour faire de la publicité. "C'est une bonne publicité pour nous évidemment parce que c'est une publicité gratuite. Il faut seulement payer le coût du produit. Les blogueurs ont un grand réseau de connaissances, d'influence et de followers. C'est un tout nouveau public cible que l'on tente d'atteindre. C'est une très bonne manière de faire de la publicité, c'est authentique et vrai", indique Elise De Paepe, Digital Media Manager de Komono.

Car la marque belge a choisi de ne pas payer les blogueurs, elle préfère leur offrir des montres et lunettes en espérant qu'ils en parleront. Sacha Farber est l'une des blogueuses de la sphère Komono. Cette Bruxelloise de 27 ans compte 7600 abonnés sur Instagram et 6100 sur Facebook. Son blog n'est pas le plus influent, mais avec son réseau, elle reçoit déjà beaucoup de cadeaux. La jeune fille ne dépense presque plus d'argent en vêtement et accessoires. Parfois, elle reçoit même de l'argent. Sacha perçoit, grâce à son blog, entre 150 et 500 euros par mois, grâce notamment à Instagram. "Ce qui se fait beaucoup maintenant, ce sont les posts rémunérés sur Instagram. On reçoit un produit. On place ce produit sur des photos et on demande un certain montant pour cette photo parce qu'on sait, et la marque le sait aussi, que ça va leur amener de la publicité et une visibilité qu'il n'aurait pas sans nous", explique Sacha. Elle demande entre 50 et 100 euros pour un post sur le réseau social. D'autres blogueurs, plus influents, peuvent demander beaucoup plus. La question est de savoir si la publicité est toujours claire et indiquée. Pas toujours. Mais jusqu'où les marques et les blogueurs sont-ils prêts à aller?

Comment se lancer sur le marché du blog ?

Pour se lancer en tant que blogueur, il faut avoir beaucoup de contacts, être suivi par un maximum de personnes sur les réseaux sociaux, essayer des produits à ses frais et gagner la confiance des "followers". Il faudra ensuite désigner un public cible pour s'adresser aux bonnes personnes. Il est également judicieux de s'y connaitre en montage vidéo, traitement photo, stylisme. Bien sûr, il faut être capable de rédiger des billets avec de l'humour, une bonne orthographe, de la connaissance, etc. Un dernier conseil ? Ne pas jouer la "femme sandwich" toute sa vie. Il faut parfois faire des choix.

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