APPCO : la porte ouverte à des techniques de vente douteuses?

APPCO : la porte ouverte à des techniques de vente douteuses?
APPCO : la porte ouverte à des techniques de vente douteuses? - © Flickr / Howard Lake

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Appco, c'est une entreprise de marketing direct qui organise des ventes en porte à porte. Cette multinationale travaille pour de nombreux clients comme Eni, le fournisseur d'énergie ou encore la Croix Rouge. L'équipe de "On n'est pas des pigeons" a infiltré Appco. Un demandeur d'emploi a postulé en caméra cachée pour une fonction de délégué commercial.

L'accueil est plutôt agréable. Une charmante secrétaire vous prend en charge et vous annonce d'emblée : "C'est assez sympa. Sachez que si vous rentrez, c'est vraiment une petite famille bien soudée avec cet état d'esprit de challenge et de motivation. Attention que, quand on atteint ses objectifs, on a des récompenses".

"La Silicon Valley"

C'est parti pour l'entretien d'embauche avec le directeur commercial. Il est très enjoué : "On a cette approche du Human Commercial. Si tu es bon et ambitieux, tu vas atteindre un niveau de responsabilité qui correspond à ta motivation. J'ai des vendeurs qui gagnent 1000 euros par semaine. C'est un peu comme la Silicon Valley". Le ton est donné. La réalité est un peu moins sexy. Ce qu'il oublie de mentionner, c'est que chaque collaborateur doit prendre un statut d'indépendant et payer des lois sociales. Notre candidat l'apprendra plus tard.

"1000 euros par mois"

Plusieurs anciens délégués d'Appco témoignent : "C'était pénible. Ma vie se résumait à Appco". Leur journée commence en général à 10h au bureau. À midi, ils vont faire du porte à porte généralement jusque 20h. Après quoi, ils doivent repasser au bureau pour le debriefing. Et, ils rentrent généralement chez eux vers 22h. Un autre ajoute : "je gagnais entre 1000 et 1300 euros net par mois. Mais pour ça, je devais vendre 16 contrats par semaine. Ce que tout le monde n'était pas capable de faire". Des objectifs de vente sont clairement fixés et des statistiques tenues sur chaque vendeur.

"Rassurez-vous. Rien de grave"

Notre candidat a passé avec succès son entretien d'embauche qui a duré 15 minutes. Il est convié à une journée d'observation. Il va accompagner et filmer à son insu un délégué commercial sur le terrain. Son job : vendre à domicile des contrats d’électricité et de gaz pour la Société Eni. Et pas n'importe quel contrat : le Relax 3 ans. Le vendeur est uniquement commissionné sur ce type de contrat. S'il vend un autre contrat Eni, il ne touche pas d'argent.

Le discours est donc toujours le même et appris par cœur : "Bonjour. Rassurez-vous. Rien de grave. Vous avez sûrement constaté que le prix du gaz et de l'électricité a augmenté ces dernières années. Ce que je fais ici avec tous vos voisins, c'est de geler ce prix pour une période de 3 ans. Pour voir si vous pouvez bénéficier, j'ai besoin de voir le code EAN qui se trouve sur votre facture". Un vrai comédien qui récite son texte et qui s'adapte très peu au profil du consommateur.

"On ne mange pas le soir"

Test-Achats a visionné les enregistrements de la caméra cachée. La porte-parole, Julie Frère réagit tout de suite : "le code EAN n'a rien avoir avec le possibilité de bénéficier de cette offre. C'est le numéro du compteur. C'est juste un truc pour rentrer dans la maison". Gregory, un ancien délégué confirme : "Quand on voit la facture, on joue toujours les étonnés et on exagère. Quoi? Vous payez tout ça? C'est cher! Ce contrat était parfois moins intéressant pour le client. Mais, si on commence à faire des états d'âme, on ne mange pas le soir". Tout est dit.

La société Appco a refusé à notre demande d'interview.    

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