Appareils non réparables chez Apple: cherchez l'erreur "53"

Souvenez-vous, en début d'année, Apple défrayait la chronique avec son fameux code erreur 53. Il rendait l'appareil inutilisable dès la première mise à jour si on avait fait réparer le lecteur d'empreinte digitale ailleurs que dans le réseau de la marque. Attaqué en justice aux USA, Apple a du faire machine arrière. Mais cela n'a pas rendu les dernières réalisations de la marque à la pomme plus faciles à réparer pour autant. Il faut à présent être bien outillé pour ouvrir un de ses smartphones, car Apple a créé des vis spécifiques, uniques au monde, et nécessitant un tournevis adapté. Et comme il n'y a pas de raison de laisser une marque compliquer la vie des réparateurs indépendants, les autres se sont engouffrés dans la brèche. Sur certaines tablettes, il est impossible de ne changer que l'écran, devenu solidaire de la face toute entière. Parfois, il faut délicatement chauffer les appareils électroniques dont les faces sont tout simplement collées. Des pratiques qui sous couvert de l'évolution des techniques de fabrication, empêchent le bricoleur de réparer son smartphone.

Toujours réparable, mais compliqué

Bien entendu, tant que les marques elles-mêmes auront besoin de réparer leurs produits, les indépendants pourront continuer à faire de même, moyennant quelques investissements. Prenons l'exemple du secteur automobile, où l'électronique a pris le pas sur la mécanique. Selon la législation européenne, chaque constructeur est obligé de laisser l'accès aux paramètres de ses véhicules. Les garagistes indépendants ont donc accès à la prise diagnostique et aux éventuels problèmes détectés. Mais pour les réparer, ils devront investir beaucoup d'argent car certaines pièces sont spécifiques non seulement aux marques, mais aussi aux modèles. Impossible par exemple de tendre une courroie d'un moteur X avec un outil pour moteur Y. Un réparateur multi-marques devra donc posséder l'ensemble des outils sous peine de ne plus pouvoir travailler que sur un nombre limité de véhicules.

Un mal pour un bien

Dans le monde de l'électroménager, l'évolution est encore pire. Les modules indépendants ont été remplacés par des circuits imprimés, que l'on doit remplacer dans leur intégralité en cas de problème. Pour éviter l'humidité dans leurs appareils, certains ont eu la bonne idée de couler un gel de silicone qui fait office de colle forte, "soudant" les composants. Et pour réduire les coûts, on propose maintenant des tambours de lessiveuses en plastique collé, impossibles à réparer. On pourrait étendre les exemples aux réfrigérateurs, séchoirs ou lave-vaisselle, bien plus compliqués à réparer qu'avant, sans parler des téléviseurs ou ordinateurs portables qu'on préférera remplacer dès la moindre avarie.

On se consolera en se disant que la technologie n'a jamais été aussi accessible (financièrement parlant, bien sûr), performante et indispensable. Dans le bas de gamme, le prix d'achat est parfois inférieur à celui de la moindre réparation ou déplacement d'un technicien.

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