24 heures de la vie d'un entrepreneur de pompes funèbres

Nom : Jean-Philippe Altenloh
Profession : entrepreneur de pompes funèbres (mais vous pouvez dire croque-mort, ça ne le dérange pas).

9 h du matin

La journée de Jean-Philippe démarre comme celle de pas mal de monde : devant son ordinateur. Mission de ce matin : vérifier qu'il n'y a pas de fautes d'orthographe dans l'annonce nécrologique qui doit paraître dans la Libre de demain.  

"L’erreur est humaine, il peut toujours y en avoir. Mais on fait en sorte qu’il n’y en ait pas : on est ici dans un univers très particulier, où les personnes sont extrêmement sensibles, à fleur de peau."

10 heures

Devant la cathédrale d'une ville de province, Jean-Philippe retrouve son équipe. Avant que commence la messe, le maître de cérémonie procède à l'indispensable mise en place.

Aujourd'hui, c'est une belle cérémonie, avec de nombreux invités. Mais, comme l'explique Derek Marionex, le maître de cérémonie, quel que soit le style de l'adieu, le travail de deuil reste le même :

"Dans la période de deuil, de la mort jusqu’à la fermeture du caveau, il y a beaucoup d’étapes successives. Mais le vrai départ, c’est quand on laisse le corps à la tombe. C’est là que la famille a un peu de mal. C’est le moment où il faut vraiment quitter. C’est le deuil…"

13 heures

Retour au bureau et inspection du stock. Les cercueils arrivent brut et sont décorés selon les souhaits de la famille. Tiens, au fond, Jean-Philippe, ça coûte combien, un cercueil ?

"Ça va de grosso modo 500, 600, 700 euros jusque plus de 4000 euros. Dans notre gamme, on a des cercueils très simples, mais qui sont tout à fait décents et dignes. A l’autre extrémité, on a des sarcophages massifs qui font quasiment trois centimètres d’épaisseur."

Et, pour la cérémonie, selon ce que désirent les proches du défunt, on peut aller de 1500 à 10.000 euros. Voire plus.

16 heures

Arrivée d'Ariane Lecuyer. Ariane est thanatopractrice. Sa tâche de cette après-midi : faire la toilette d'une morte. Elle désinfecte les parties du corps que les membres de la famille pourraient toucher, elle la maquille et lui met même du vernis à ongle.

Son métier, Ariane l'a dans la peau :

"C’est en moi depuis que j’ai environ 15 ans. J’ai fait un stage chez un entrepreneur de pompes funèbres. Dès que je suis entrée dans son laboratoire, je me suis dit que j’aillais faire ça moi aussi."

Ce qui l'attire dans le métier, c'est "tout le côté physique, chimique, biologique. Tout l’aspect du corps : comment il change après le décès. Essayer de remettre la personne défunte comme elle était de son vivant."

C'est déjà la fin de la journée

L'occasion de prendre un peu de recul : si Jean-Philippe aime sa profession c'est parce que ce sont des vivants qu'il y rencontre, pas des morts. Des vivants qu'il aide à passer un cap difficile. Il vous a appris quoi, votre métier ?

"Il me permet de me rendre compte de la fragilité de la vie, qui peut s’éteindre à, tout moment. Mais aussi de la beauté de la vie, dont il faut profiter à chaque instant."

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