Voyager cet été, peut-on en rêver ?

Voyager cet été, peut-on en rêver ?
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Le secteur touristique est à l’arrêt. Du moins pour les voyageurs. Actuellement, il est interdit de quitter le pays et les agences de voyages sont physiquement fermées. Mais beaucoup de professionnels continuent, en coulisses, à mettre toute leur énergie pour trouver des solutions à cette crise.

Toutes les agences espèrent une reprise rapide, il en va de la survie de leur entreprise !

En Belgique, 1535 agences de voyages se retrouvent dans une situation périlleuse. Pour les mois de mars, avril et, mai, la perte est estimée à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. " La période de Pâques est habituellement excellente, mais tous les voyages ont été annulés. Cela représente 25 à 30% des ventes annuelles ", déplore Anne-Sophie Snyers, Secrétaire Générale de l’Union professionnelle des Agences de Voyages (UPAV).

Plus de 90% des travailleurs actifs dans ce secteur sont aujourd’hui au chômage. Un chômage partiel, puisqu’il faut toujours répondre aux nombreuses questions des voyageurs. " Le rôle des agences de voyages aujourd’hui est de tenir informés ses clients semaine après semaine sur les possibilités de voyages, de remboursements ou de bons à valoir. Il n’y a plus aucune vente, mais un suivi énorme. Cela représente beaucoup de travail ".

Voyages incertains hors de nos frontières

Jusqu’à nouvel ordre, les frontières belges sont fermées et donc les voyages annulés. C’est également le cas dans de nombreux pays européens et l’agenda de réouvertures des frontières des États membres reste très flou. L’UPAV garde cependant bon espoir. " On conseille de ne pas annuler les vacances à destination de la France et même d’autres pays européens. On espère que les vacances dans l’espace Schengen puissent avoir lieu cet été, avec bien sûr des mesures d’hygiène strictes à respecter ", poursuit Anne-Sophie Snyers.

Quant aux voyages en dehors de l’Union européenne, l’incertitude est encore plus grande. De nombreux pays interdissent pour le moment l’accès à leur territoire aux étrangers. C’est le cas de l’Afrique du Sud, l’Australie, la Thaïlande, l’Argentine, Tunisie, Maroc, etc.

Les destinations lointaines seront pour moi inaccessibles cet été.

Avance Olivier Goossens, gérant de Géo-Holidays, la référence belge des camps sportifs à l’étranger.

Privilégier les sites touristiques belges

Dans une réflexion de relance de l’économie et du tourisme en Belgique, Valérie De Bue, Ministre wallonne du Tourisme, conseille de privilégier les destinations belges. Une initiative encouragée par l’UPAV, même si cela ne concerne en rien les agences de voyages. " Une agence de voyages classique vend des séjours à l’étranger. Elle ne va pas se mettre à vendre, du jour au lendemain, des séjours à la côte, dans les Ardennes ou encore des journées organisées aux Grottes de Han. D’abord parce que la marge est minime et puis parce que les attractions touristiques belges font directement du B2C. Il n’y a donc pas de marché pour nous ", explique Anne-Sophie Snyers.

C’est plus dangereux de fermer les frontières et d’obliger les Belges à passer leurs vacances ici !

Affirme Olivier Goossens. Par ailleurs, il est probable que le tourisme en Belgique ne rencontre pas les attentes des voyageurs. " Certes une partie de la population va se ruer sur les attractions touristiques en Belgique. Mais ça ne contentera jamais tout le monde. Il y a un manque d’infrastructures, les prix risquent de grimper et puis il sera difficile de respecter les mesures d’hygiène ", poursuit Olivier Goossens.

Et après ?

Le secteur des agences de voyages est dans une réelle impasse aujourd’hui. Pour bon nombre d’entre elles, il sera difficile de sortir la tête de l’eau, explique Anne-Sophie Snyers.

Seulement 41% des agences de voyages peuvent tenir le coup jusque fin juin !

Quoi qu’il en soit, il y aura un avant et un après-coronavirus. Nombreuses sont les agences de voyages à réfléchir à un nouveau modèle économique, conscientes que le modèle actuel n’est plus tenable sur le long terme. Certains voudront davantage se spécialiser dans des formules plus locales, plus responsables et moins susceptibles à subir une nouvelle fois les conséquences d’une telle crise.


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