Vous roulez avec un vieux diesel ? Vous n'êtes plus le bienvenu à Bruxelles

Dès le 1° janvier 2018, les voitures diesel d'avant 1997 seront interdites d'accès dans Bruxelles. Nous sommes allés à la rencontre d'automobilistes visés par cette mesure. Et qui ne comprennent pas ce qu'on reproche à leur voiture.

Béatrice

Béatrice nous présente son camping car Ford Transit diesel de 1994, qu'elle a baptisé Chipie. En théorie, les camping cars font partie des véhicules non concernés par la nouvelle réglementation. Mais le site de la région est moins clair : il dit que la liste des dérogations n'est pas définitive et que, dans certains cas, une demande devra être introduite. Et ça, Béa, ça l'énerve !

- Je n'ai pas l'intention de me plier à quoi que ce soit. J'ai décidé depuis des années que plus personne ne me donnerait d'ordre et m'empêcherait de faire ce dont j'ai envie. Et ce dont j'ai envie, c'est venir à Bruxelles !

Béatrice est figurante. Elle se rend deux à trois fois par semaine à Bruxelles, pour des tournages. Et, pour éviter les embouteillages du matin, elle prend la route au milieu de la nuit et stationne juste devant le lieu de son rendez-vous. Mais Béatrice, vous vous rendez compte que la pollution à Bruxelles, c'est un problème ?

- Bien sûr, mais ce n'est pas de ma faute ! Ce n'est pas moi qui ai créé le carburant. Ce n'est pas moi qui ai créé un véhicule tellement bien entretenu qu'il tient encore le coup après toutes ces années.
- Oui, mais, il pollue...
- Les autres aussi ! Ils polluent moins mais ils polluent aussi. Et pourquoi moi, petite qui ne sais pas m'acheter un gros véhicule, je devrais payer les pots cassés ?

Valérie
Des voitures, Valérie en a eu un bon nombre. Mais si elle est fidèle à sa Mercedes 190 diesel de 1992, c'est pour sa fiabilité : elle démarre tous les matins et ne coûte pas grand chose en entretien.

- On dit que c'est increvable, je connais quelques personnes qui ont fait un million de kilomètres avec la leur. La mienne n'a que 240 000 kilomètres, elle est encore bonne pour quelques dizaines d'années. Donc, c'est bête de s'en débarrasser. Et créer de nouvelles voitures, ça crée aussi de la pollution. Je suis pour le Zéro Waste, donc je voudrais bien garder ma voiture...

Si elle veut continuer à rouler avec sa Mercedes, Valérie n'a qu'à payer. Cher.

- Au premier flash, c'est 350 euros d'amende, avec un maximum de 4 amendes par an. Ce qui fait un total de 1 400 euros si je veux continuer à rouler avec ma voiture.

Diane

Diane habite Liedekere, à une trentaine de kilomètres de Bruxelles. Le certificat de contrôle technique de son Opel Vectra diesel de 1996 ne contient aucune remarque sur la pollution. Pourtant, dès l'année prochaine, elle sera interdite d'entrée à Bruxelles.

- Ca va être très compliqué. Je n'ai pas les moyens de m'acheter une nouvelle voiture. Même une bonne occasion, ça coûte des sous. Je suis seule avec ma fille, c'est pas évident...

Diane est originaire de Bruxelles. Elle s'y rend plusieurs fois par semaine. Vous allez faire comment, à partir de l'année prochaine ?

- Je ne descendrai plus sur Bruxelles, bien obligée. Ou alors, je prendrai le bus De Lijn et mettrai une heure et quart pour aller et la même durée pour revenir. Alors qu'en voiture, ça me prend un quart d'heure.

Marcel

Marcel habite Forest, en région bruxelloise. Son Renault Espace diesel de 1993 est garé devant chez lui. Et risque bien d'y rester, éternellement :

- Stationner, je peux toujours. Mais dès que je circule avec le véhicule, je suis en infraction. Donc, même si j'évite de l'utiliser pour circuler dans la région bruxelloise, je n'aurai plus la possibilité de quitter mon domicile pour rejoindre le ring par exemple, pour me rendre en province.

Marcel envisage donc de laisser sa voiture sur un parking de dissuasion. Et de s'y rendre à vélo. Sauf que, pour transporter des bagages volumineux, ce ne sera pas très pratique. Sa voiture, il la voit comme un défi à l'obsolescence programmée : pourquoi la jeter et en acheter une nouvelle alors qu'il suffit de la réparer ?

- Dans tout ce qui est renouvellement de véhicule, il y a quelque chose qu'on passe entièrement sous silence, c'est la pollution de la production de véhicules. Or moi, en roulant depuis 24 ans avec le même véhicule, je n'ai pas participé à la pollution due à la production de nouvelles voitures.

Et nos quatre interlocuteurs se demandent si, au lieu de s'attaquer à ces véhicules âgés, il ne vaudrait pas mieux s'en prendre d'abord aux voitures de société. Et, bien entendu, avant tout, commencer par créer une alternative valable grâce à un réseau de transports en commun amélioré.

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