Vols de câbles : 150 heures de retard pour les navetteurs

Le vol de câbles a littéralement explosé ces derniers mois. En trois mois, plus de 70 vols de câbles ont perturbé la circulation d'environ 800 trains et provoqué plus de 150 heures de retard. Les navetteurs et les autres clients de la SNCB sont directement impactés. Le mode opératoire? Des voleurs coupent quelques mètres de câbles qui servent à la signalisation, des câbles en cuivre, puis se promènent tranquillement sur les voies avec les câbles sur le dos. Ils échappent très souvent aux poursuites. Mais récemment des bandes venant de l'Est pratiquent des vols à plus grande échelle.

 

 

Des voleurs bien organisés

Les voleurs sont bien organisés comme le précise Geoffrey Henry, ingénieur chez Infrabel : "On ne les a jamais vus à l'oeuvre mais selon nous, ils coupent les câbles et on pense qu'ils viennent avec un camion tous terrains ou un gros pick-up avec un treuil et une bobine. En un quart d'heure, tout est volé". A chaque fois ce sont quelques 800 mètres qui disparaissent. Plus de deux tonnes de câbles... Cela représente un manque à gagner de 10 000 euros par vol.

Infrabel, qui gère l'infrastructure, est directement impacté : 1 million et demi de pertes ces trois derniers mois. Une solution? Couler du béton, à certains endroits, tous les dix mètres pour limiter l'accès aux câbles. Incroyable : cette opération réduit l'efficacité de futures réparations! Mais pour repérer les voleurs plus rapidement, pourquoi ne pas faire comme nos voisins français? A la SNCF, on utilise des drones avec camera thermique. Pourquoi pas chez Infrabel?  Réponse d'Arnaud Reymann, porte-parole d'Infrabel : "On ne peut pas opérer nous-même des drones pour ces missions de surveillance. Ces missions de surveillance sont des missions de police. La loi est ainsi faite - nous avons bon espoir de la changer le plus rapidement possible - mais tant que cette loi sur les drones n'a pas changé, impossible pour nous de faire voler des drones pour des missions de surveillance".

Toutes les images ou presque passent par le "Security operations Center" de la SNCB

En attendant - outre les patrouilles de Sécurail et de la police fédérale sur le terrain - il faut juste compter sur la surveillance des cameras classiques. Toutes les images ou presque passent par le "Security operations Center" de la SNCB. Des arrestations, il y en a déjà eu et les peines sont lourdes. Elisa Roux, porte-parole de la SNCB : "Le Parquet ne va pas poursuivre les voleurs pour de simples vols mais pour des vols avec circonstances aggravées donc des vols avec entrave méchante à la circulation. Ces voleurs risquent jusqu'à dix ans de prison". Actuellement le problème persiste. Il est temps pour la SNCB et Infrabel de trouver des solutions en concertation avec la police. Dans le cas contraire, avec la recrudescence des vols, il y aura encore des réparations d'urgence la nuit ... et les navetteurs continueront à attendre.

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