Vols à l'étalage : perte d'1 milliard !

1 milliard d'euros, c'est la perte globale à la suite de vols à l'étalage dans les grands magasins en Belgique ! Nous avons déjà essayé de traiter ce sujet mais les distributeurs ont toujours refusé de collaborer. Aujourd'hui, le directeur du grand magasin "Carrefour Market - groupe Mestdagh" de Morlanwelz a décidé d'ouvrir ses portes à un journaliste de l'émission.

À Morlanwelz, la coupe est pleine ! Jean Vandelen, directeur du Carrefour Market du groupe Mestdagh, a décidé de mettre les pieds dans le plat.

Les vols à l'étalage, il connaît trop bien... il y a deux ans encore son préjudice était d'environ 150.000 euros par an. Il a décidé de réagir : "Mes premiers investissements en tant qu'indépendant, cela a été l'installation de vitrines pour sécuriser les bouteilles d'alcool. Cela a coûté 10.000 euros et sur 4 mois, cela a été amorti". Et il n'y a pas que ça : il y a aussi les étiquettes magnétiques parfois camouflées sous les emballages, même à la boucherie à la découpe et même sur les articles produits blancs. Il y a aussi des dispositifs antivols sur les bouteilles. C'est classique, vous les connaissez. Jean Vandelen compte sur eux pour éviter certains vols : "Quand vous avez une bouteille à 18,35 euros, un système antivol à 0,50 euro est vite amorti". Tous ces antivols coûtent environ 400 euros par an au magasin. 

34 cameras 

Jean Vandelen a également installé des caméras qui couvrent l'ensemble du magasin : 34 caméras ! Il y en a même au caisse pour vérifier le dessous des caddies. Un dépense globale de 25.000 euros ! 

Ici, quand un voleur est pris sur le fait, généralement, il rend la marchandise. Le directeur porte-t-il plainte ? "Non ! Ça nous prend trop de temps, c'est quasi impossible de porter plainte. On perd facilement deux à trois heures et en plus, on n'a pas de retour de la Justice sur les plaintes de vols à l'étalage"

Est-ce bien exact ?  N'y a-t-il jamais de suite ? Nous avons posé la question au Parquet de Charleroi, à Sandrine Vairon, Procureur du Roi de division à Charleroi : "Les vols à l'étalage étant des vols de biens, ne constituent pas une priorité de poursuite par rapport à d'autres types de faits comme des vols avec violence. Sur les dossiers de 2019, la moitié a déjà fait l'objet de classements sans suite, sur l'intégralité des dossiers rentrés au Parquet". Il n'y a donc pas de poursuite pour la moitié des plaintes.

Mais alors, que peuvent faire les responsables de magasin ? Jean Vandelen : "Pas grand chose, parce qu'on ne peut pas, tout simplement. En général, on appelle les forces de l'ordre mais ce n'est pas systématique".

En tout cas, les responsables de magasin ne peuvent ni enfermer le voleur, ni lui demander sa carte d'identité ni lui infliger une amende. Ils peuvent bien entendu récupérer le bien volé et aussi, prendre des images et les transmettre à la police.  Jean Vandelen lui, se sent désemparé. Il y a aussi la solution du gardiennage mais "sa" solution, c'est d'investir dans les systèmes antivols. Aujourd'hui, ses pertes ont été divisées par trois ... il ne perd plus que 50.000 euros par an !