Voici une culture bio qui n'est pas bio

Toutes petites mais riches en goût et en nutriments, les micro-pousses participent d'une alimentation saine.

C'est d'ailleurs ce qui a motivé Wendy Glénisson quand elle a entamé sa reconversion. Biologiste dans une firme pharmaceutique, elle s'est lancée dans cette culture il y a un an en espérant bien trouver des débouchés dans les magasins bio et les restaurants. C'était sans compter les bâtons dans les roues qu'allait lui mettre la législation européenne.

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Wendy Glénisson © RTBf

Le bio, il doit pousser en terre

Wendy travaille à domicile , à petite échelle et il n'y a chez elle ni pesticides ni engrais chimique. D'ailleurs, la culture est sobre :un peu de terreau, des graines bio, de l'eau de pluie et une croissance assurée à la lumière naturelle.

En juin 2020, elle contacte donc Certysis - un des organismes de certification- afin d'obtenir le label convoité. Dans un premier temps, elle reçoit un avis positif mais en décembre, c'est la douche froide : Certysis se rétracte et lui refuse finalement l'agrément. Grosse déception, surtout au moment où la crise sanitaire hypothèque déjà les perspectives de développement. Entre-temps, Wendy a investi dans du matériel et cet avis négatif risque bien de lui fermer les portes des magasins d'alimentation bio.

Un produit non cultivé dans le sol ne peut être certifié bio.

Méline Strens, responsable des achats chez Ekivrac, connaît bien cette problématique. D'autres producteurs sont dans la même situation. "Nous ne pouvons pas vendre ces micro-pousses comme étant bio, notre certificateur nous l'interdit car il s'agit de produits cultivés hors sol, ce qui est une condition obligatoire à remplir."

L'enseigne a quand même fait le choix de les vendre en expliquant la problématique à ses clients.

Une logique européenne illogique

Pourtant , les herbes aromatiques cultivées dans les mêmes conditions, bénéficient bien de l'appellation bio , ce qui contrarie Wendy. L'origine de cette situation illogique est à chercher dans la législation européenne, retranscrite en droit belge. Pour être certifié bio, un produit agricole doit effectivement être lié à la terre et les exceptions se comptent sur les doigts de la main : les racines de chicon, les plantes aromatiques et les champignons. Les micro-pousses n'en font pas partie, elles se trouvent dans un vide juridique.

Le règlement pourrait être modifié prochainement.

Mais elles n'ont pas dit leur dernier mot. John Blanckaert, le porte-parole de Biowallonie, a bon espoir de voir la situation évoluer : "La Belgique, ainsi que l'Estonie, ont récemment saisi les instances européennes et le règlement pourrait être modifié prochainement."

Wendy n'a pas dit son dernier mot

En attendant, Wendy vient de lancer un crowdfunding - une campagne de financement participatif -  pour que ses petites pousses puissent jouer dans la cour des grands.

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