Vétérinaires d'urgence : 24 heures sur 24 prêts à venir en aide à Médor

C’est en soirée, le week-end et en été, que le Dr Elina Jolivet a le plus de travail. Quand les vétérinaires se reposent ou sont en vacances, elle et son équipe interviennent pour venir en aide aux animaux malades ou blessés. Cela fait dix ans que le Dr Jolivet est urgentiste vétérinaire. Elle et ses quelque 14 collègues interviennent à Bruxelles et dans un rayon de 30 kilomètres autour de la ville.

Dimanche, 15 heures

Le Dr Elina Jolivet vient de commencer son service. Elle est en train de nous montrer son équipement (sac de pompier contenant tous les traitements d’urgence indispensables, filet pour attraper les chats sans les stresser…) quand son téléphone sonne : une famille de Watermael vient d’appeler pour un petit chien qui ne parvient plus à ouvrir l’œil gauche.

Le Dr Jolivet fonce sur place dans son ambulance vétérinaire. Enfin, "fonce"… : son véhicule n’a ni sirène, ni gyrophare, c’est logique, c’est réservé aux urgences humaines. Mais il n’a pas non plus le droit d’emprunter les couloirs de bus et taxis : la demande a été faite, mais, jusqu’à présent, l’autorisation a toujours été refusée.

Calmer les inquiétudes

Une fois sur place, Elina ausculte l’animal et injecte un produit sur l’œil du chien. Très vite, elle est rassurée : aucune infection grave, ce n’est qu’une petite irritation.

Le maître est donc tranquillisé. Mais il n’aurait pas pu attendre demain pour aller voir son vétérinaire habituel ?

"C’est ce qu’on voulait faire à la base, mais on a préféré ne pas attendre : l’œil, c’est trop important et on a craint que, si on attendait 24 heures, on risquait un dommage plus important"

En attendant, être rassuré, ça a un prix

161 euros. Un prix qui n’est pas une surprise. Quand vous appelez le service de garde des vétérinaires d’urgence, la standardiste annonce le prix de base. Et un prix qui s’explique : il y a les horaires décalés (les urgentistes travaillent surtout en soirée et le week-end, quand les vétérinaires ordinaires ne sont pas disponibles), le temps perdu en déplacements et le confort de ne pas devoir sortir avec son animal. Pour certains, avoir recours aux soins vétérinaires à domicile n’est pas un choix : à Bruxelles, près d’un ménage sur deux n’a pas de voiture.

A peine sortie, un nouvel appel emmène la vétérinaire du côté de la gare du Nord. Spike, 14 ans, a vomi ce matin. Depuis, il ne bouge presque plus. Et son maître est très inquiet. Dès qu’elle arrive sur place, la vétérinaire constate que le chien est en état de choc et en hypothermie. Elle multiplie rapidement les interventions : prise de sang, cathéter, injection d’antidouleur, elle tente de stabiliser l’état de Spike. Peu à peu, le salon prend des allures d’hôpital de campagne. Mais, rien à faire : elle ne cache pas au maître de Spike que son état est grave. Qu’il est impossible de le stabiliser sur place. Et que, par conséquent, une hospitalisation s’impose pour savoir de quoi le chien souffre.

Des assurances bien précieuses

Mais l’hospitalisation entraîne, forcément, des coûts supplémentaires. Or, déjà, l’intervention en urgence coûte 292 euros. Certes, des assurances existent, qui peuvent prendre en charge le coût des interventions. Mais, malheureusement, Monsieur n’était pas assuré. Il devra donc compter sur l’aide de ses enfants pour payer les montants.

Et, déjà, le Dr Jolivet est appelée pour un autre animal malade. Cette fois-ci, elle doit aller à Beersel, soit une demi-heure de route (parce que c’est dimanche et qu’il n’y a pas beaucoup de trafic). La journée de la vétérinaire a commencé à 15 heures. Et ne se terminera pas avant 23 heures. Certains jours, les vétérinaires doivent intervenir jusque 25 fois.

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