Vacances : le rush sur les gîtes de Wallonie ?

La Maison du Meunier - Namur, Wallonie, Belgique
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La Maison du Meunier - Namur, Wallonie, Belgique - © Gîte de Wallonie

En Belgique ou en Europe, le secteur touristique fait partie des plus touchés par la crise. Un plan d’aide au niveau européen a vu le jour.

En Wallonie, un plan de relance est en préparation par la ministre en charge du tourisme, Valérie De Bue (MR). Il est destiné à promouvoir, stimuler et accompagner le secteur qui emploie 84.000 personnes.

Selon un sondage réalisé dans le cadre de ce plan de relance, un Belge sur quatre pense partir en vacances cet été. Et un quart des Belges qui prévoient de partir envisage la Wallonie pour cet été.

Forte demande pour les gîtes cet été

Sur le terrain, la reprise des réservations va bon train.

Du côté d’Ardennes-Étape, les réservations ont repris depuis le 15 avril, constate le porte-parole Joris Vandendooren. "La tendance est positive. Sur les quatre dernières semaines, nous sommes à plus 100% ! "

La tendance est de rester en Belgique, mais de partir malgré tout !

Une clientèle essentiellement familiale et belge : "Nous constatons une baisse très importante des réservations de notre public hollandais, mais nous observons une augmentation de l’intérêt du public belge. C’est une belle opportunité pour l’Ardenne. Nous voyons une grosse augmentation du public francophone. Les Flamands étaient déjà notre premier public, la tendance ne fait que se renforcer."

Paierons-nous plus cher cette année ?

Les propriétaires sont libres d’adapter leurs prix mais nous n’observons pas de tendance à la hausse chez nous et nous ne le conseillons pas.

Rassure Joris Vandendooren.

Du 15 juillet au 15 août, 15 à 20% des biens sont encore disponibles. Si vous optez pour début juillet ou fin août, 30 à 35% des hébergements sont libres. Par contre, si vous cherchez une maison avec piscine, mieux vaut ne pas tarder : ces biens deviennent une denrée rare !

Echo similaire du côté de La Fédération des gîtes de Wallonie. "La demande est là, mais il reste des disponibilités" constate Khevyn Torres, chargé de communication. Les gîtes et meublés ont la cote, les touristes se montrent plus frileux vis-à-vis des chambres d’hôtes. Logiquement, le nombre de nuitées réservées reste faible pour le mois de juin. Pour les mois de juillet et d’août, les chiffres sont nettement plus positifs. Les touristes se lancent, osent réserver pour les vacances d’été.

Annulation gratuite

Et pour les rassurer complètement, certains propriétaires proposent l’annulation gratuite.

Ce n’est pas obligatoire mais nous conseillons à nos propriétaires de proposer l’annulation gratuite jusqu’à 24 heures avant l’arrivée.

Ils sont environ 150 sur 900 à proposer cette option gratuitement. Le risque, voir des touristes effectuer plusieurs réservations. "S’il y a un message à faire passer, c’est que la période est difficile pour tout le monde. Ne bloquez pas de séjours inutilement. Soyons tous solidaires !"

Pas d’optimisme excessif

"Attention, tout n’est pas idyllique !" tempère Alexandra Carrara, chargée de la communication de l’Asbl Accueil champêtre en Wallonie. "Pour l’été, les gîtes étaient déjà réservés, de nombreux hébergements étaient complets. Ce qui a été perdu pendant trois mois ne sera pas récupéré ! 

Des gîtes de grande capacité ont perdu jusqu’à 10.500 euros sur cette période.

Et le secteur des hébergements n’est pas le seul à souffrir de cette situation, d’après l’enquête menée par l’Asbl sur les impacts de la Crise Covid-19. Les fermes pédagogiques, par exemple, qui accueillent des enfants, voient la majorité de leur revenu annuel partir en fumée. "Une perte sèche qui ne rencontre aucune compensation à l’heure actuelle". Du côté des circuits courts, 50% des personnes interrogées doivent faire face à une diminution voire un arrêt de leur activité de production/transformation. "Si des magasins ou boucheries à la ferme tirent leur épingle du jeu, pour les producteurs/transformateurs qui écoulaient leurs productions sur les marchés ou dans les restaurants, c’est la douche froide" constate l’Asbl.

Les hébergements devront revoir leurs manières de fonctionner. Alors pour préparer la relance au mieux et accueillir les touristes dans les meilleures conditions, Accueil champêtre fournit des conseils à l’usage des professionnels du secteur. En attendant la reprise… " Nous sommes en attente des décisions du Conseil National de Sécurité. Nous ne proposons pas un tourisme de masse, nous espérons que cela sera pris en compte dans le cadre du déconfinement."

 

La reprise se profile mais de nombreuses incertitudes planent encore. Et les craintes sont loin d’être apaisées. Il faudra des taux d’occupation au plus haut, et durant longtemps, pour résister et oublier les pertes liées à la crise.