Une pilule magique pour surmonter un chagrin d'amour

Que ne ferait-on pas pour moins pleurer après une rupture amoureuse ? Quand la douleur est trop vive, l’idée d’une pilule magique a de quoi attirer… Oui mais, qu’est-ce qui se cache derrière ?

La pilule en question s’appelle le propranolol, un drôle de mot pour un produit à ne pas prendre à la légère puisqu’il s’agit d’un médicament. Attention donc… Il n’a rien de magique même s’il est efficace pour traiter certains maux. De quoi prêter à confusion. En effet, l’expression " pilule magique " a été sortie de son contexte, à savoir ici une étude scientifique canadienne. En 2015, le propranolol a été prescrit à 360 victimes des attentats de Paris, souffrant de stress post-traumatique. Résultat observé par le Docteur Brunet : le propranolol atténue la charge des émotions négatives. Il n'ôte pas les mauvais souvenirs mais les rend physiquement et mentalement plus supportables. Comment ? La technique consiste à donner le propranolol 90 minutes avant une séance de psychothérapie. Ensuite, on demande aux personnes d'écrire les événements traumatiques qu'ils ont vécus avec précision et de lire cette histoire à voix haute. L'angoisse et la peine disparaissent généralement au bout de quelques séances. D’où le surnom de pilule de l’oubli…

Qu’est-ce que le propranolol ?

La pilule aux pouvoirs " magiques " est un bétabloquant, généralement prescrit dans le cadre de maladies cardio-vasculaires ou d’angiomes, avec comme possibilité d’effets secondaires, un ralentissement du rythme cardiaque notamment. La prudence est donc de mise quand on prescrit cette pilule. Il faut s’assurer que la personne n’a pas une tension basse et surtout que le propranolol est bien indiqué. Pour ça, nous avons décidé d’aller voir en caméra cachée trois médecins généralistes, avec à chaque fois la même explication (une rupture difficile) et la même demande de médicament (le propranolol). Bilan après consultation : un " non " catégorique, un " pourquoi pas mais… " et un " oui bien sûr ". De quoi poser question car ce dernier est le seul à n’avoir pas pris la tension… Un danger puisqu’il a fait la prescription demandée.

Une info à retenir

La rupture avec l’être cher (aussi douloureuse soit-elle) n’est pas ce qu’on pourrait appeler un motif " sérieux " pour administrer du propranolol. Ce médicament doit être donné dans le cas de maux précis. Et le chagrin d’amour n’en fait pas partie.

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