Un déodorant rose et des rasoirs bleus : le marketing a un sexe

Le marketing genré, ça existe. Certains industriels différencient les produits selon le genre pour leur appliquer des tarifs différents. Et ces tarifs sont très souvent plus élevés quand il s'agit de produits féminins !

Nous pouvons penser qu'une femme consomme davantage mais nous avons fait le test. Sans forcément consommer plus, la facture que nous avons payé pour les produits féminins était plus élevée que celle pour les produits masculins équivalents. Pourtant, l'effet recherché est similaire : quand on lit les étiquettes, la composition de certains produits n'est pas si différente. Il suffit de comparer en se rendant dans n'importe quelle grande surface; il y a aura une différence de prix. Et ça commence dès notre plus jeune âge... !

Ce marketing ciblé enclenche un surcout. Le fait de segmenter le marché est aussi une façon indirecte de démultiplier les intentions d'achats : deux produits sexués remplacent un seul produit mixte. Tout ceci est basé sur des clichés bien ancrés. Les femmes sont prêtes à payer le prix et les marques l'ont bien compris ! Elles savent qu'on est conditionné et ce conditionnement a infiltré toute notre consommation, la manière dont les rayons sont faits, etc.

Tout cela ne se limite pas aux trottinettes et autres jouets. Il y a le choix des couleurs pour nos produits d'adultes aussi, le noir souvent pour les hommes, plus de couleurs chaudes pour les femmes. Le vocabulaire est lui aussi choisi en conséquence. Par exemple, pour les produits féminins, on va abuser des adjectifs évoquant la douceur et la brillance tandis qu'on utilise les termes efficacité et précision pour les hommes. Nous y sommes confrontés tous les jours ! On parle même de "taxe rose". Il s'agit d'une taxe concernant les produits féminins, surtout des produis de nécessité. Des féministes s'insurgent contre tout ça depuis quelques temps maintenant dans un blog. En France, d'ailleurs, la taxe tampon a été réduite. Pas chez nous. Une pétition a été lancée mi-février par le collectif "belges et culottées".

Les marques ne justifient pas que vous payez parfois plus. On nous fait payer les égéries, les campagnes de pub. Le rêve qu'on nous vend a un prix est ce qu'on appelle le prix psychologique. Ce n'est pas combien coûte la fabrication d'un produit mais combien le consommateur ou la consommatrice est prête à payer à la suite des promesses faites. Le contenu du produit semble représenter, quant à lui, un tout petit pourcentage. La pétition belge concerne la taxe sur des produits féminins de nécessité, comme les serviettes hygiéniques, qui sont taxés à 21% jusqu'à présent, au lieu de 6%, qui est la taxation correspondant aux produits de première nécessité.

Nous pouvons donc faire des économies en achetant des produits pour homme. Pour des questions de textures, de parfums et d'habitudes de consommation, on aurait peut-être quelques difficultés. En tous les cas, chez nous, l'éveil se fait tout doucement. Il y a eu la pétition et, plus récemment, une campagne de sensibilisation a été lancée par la ministre francophone des droits des femmes et de l'égalité des chances, Isabelle Simonis : "Et si on se libérait des idées reçus ?". Le but est d'encourager filles et garçons à faire des choix en fonction de leur intérêt et non pas du regard des autres.

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