Tongs et sandalettes made in Mons

Dans le Borinage, il y avait des centaines de bottiers. Puis, les chaussures italiennes sont arrivées après guerre et aujourd'hui, les pompes chinoises ont envahi les magasins. Il n'y a plus qu'un seul artisan cordonnier dans la région qui confectionne des sandalettes, tongs et souliers sur mesure. Son nom Carmelo Cuschera. Le prix de ces chaussures faites sur mesure n'est pas comme on le croit souvent, exorbitant. Nous nous sommes rendus dans son atelier situé au cœur de Mons. 

Maçon de formation, Carmelo a appris le métier de cordonnier aux côtés de son père Raimondo qui lui a appris les bases du métier.  De fait, les études pour être cordonnier n’existent plus. "Avant, il y avait pas mal d’écoles où on pouvait apprendre la fabrication et la réparation de chaussures. Maintenant, il n’y en a plus." Carmelo répare des souliers mais depuis trois ans, il en confectionne aussi sur mesure. Et Carmelo est très minutieux. Une cliente entre dans sa boutique pour un essayage avant de finaliser la sandalette :  "Au millimètre près, cette sandale doit épouser les formes du pied. Je règle la sangle par rapport au pied en largeur et je vais aussi ajouter des trous pour resserrer au niveau de la cheville...". Toutes ses commandes se font en deux fois : Carmelo prend d'abord les mesures du pied et il dessine cela sur une feuille millimètre. La cliente choisit le modèle, la couleur, le cuir. Elle vient faire un essayage pour ajuster le tout et ensuite, revient pour l'achat. 

Tout est possible 

Et pour créer, le choix du cuir est essentiel : "Ces peaux ont été tannées pendant 24 mois. Elles viennent d'Espagne. Ici, chaque pièce est unique et même personnalisable : je n'ai pas de modèle précis, le client peut venir avec une image et je refais la pièce. Ici, tout est possible, tout est réalisable". Pour rendre ses créations très résistantes, Carmelo ne lésine pas sur les couches : "Dans la peau, il y a trois couches. Le cuir que je double avec une matière textile pour ne pas que cela se déchire et puis, du cuir pour la douceur sur le pied."

Prix? 

Et lorsque l'on dit sur mesure, on pense à des prix exorbitants. Ici, la tong est à 50 euros, les sandalettes coûtent entre 90 et 110 euros, pour quatre heures de travail et les chaussures pour femmes valent 250 euros et celles pour les hommes : 350 euros pour 40 à 50 heures de travail. Cet artisan nous avoue qu'il ne compte pas sa main d’œuvre : "Actuellement, je ne compte pas mes heures car c'est une passion". C'est bien connu, quand on aime, on ne compte pas. Aujourd'hui, Carmelo est 80% de son temps cordonnier et 20% bottier. Il aimerait plus tard que cela soit moitié, moitié. 

Minimum 3 saisons 

"Vu le nombre de couches et le cuir que j'utilise, mes modèles durent au minimum trois saisons. Maintenant cela dépend de chacun et de la vie que l'on mène." Et si jamais il y a un couac, les bottines reviennent chez Carmelo. Comme il est et reste cordonnier avant tout, il peut démonter la chaussure et tout refaire de A à Z. Un service après vente, rare et exceptionnel.

Où? 

Carmelo vend ses créations dans son atelier Rue des Capucins à Mons mais également via la boutique "La Solée d’or", située Rue du Hautbois à Mons. Une collaboration 100% belge et montoise. Une distribution courte soucieuse du confort des pieds à prix raisonnables.

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