To Jump or not to Jump ? On a retrouvé les vélos rouges de Bruxelles !

To Jump or not to Jump ? Que sont devenus les vélos rouges à Bruxelles ?
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To Jump or not to Jump ? Que sont devenus les vélos rouges à Bruxelles ? - © Sean Gallup - Getty Images

Vous avez peut-être vu ces images prises aux USA : des milliers (on parle d’un total de 20 à 30.000) de vélos Jump envoyés à la casse, alors qu’ils sont encore parfaitement en état de rouler. Et ceci au moment où on a le plus besoin de solutions de mobilité intelligente !

A Bruxelles, nous avons retrouvé les vélos rouge vif ! Mais on ne sait pas si on les reverra un jour en rue

On appelle ça la micromobilité : toutes ces trottinettes, scooters ou vélos électriques qu’on peut emprunter le temps d’un trajet.

Le marché est en plein boom. Mais si nombreuses sont les entreprises à s’y lancer, nombreuses aussi sont celles qui s’y cassent les reins. Dernière en date : Jump, la filiale d’Uber qui mettait à disposition ses vélos à assistance électrique.

Temporaire ? Vraiment ?

Le 20 mars, les utilisateurs bruxellois recevaient un mail leur annonçant une " interruption temporaire du service ". Un temporaire qui risque de durer puisque, début mai, Uber, qui possédait le service Jump, annonçait l’avoir refilé à Lime, la société spécialisée dans les trottinettes électriques en free floating. Une décision liée au fait que cette activité était gourmande en personnel. Or, justement, Uber venait d’annoncer son intention de supprimer 3700 emplois dans le monde. Deux semaines plus tard, l’ensemble des travailleurs bruxellois de Jump apprenaient qu’ils étaient renvoyés !

Depuis, les signaux contradictoires se sont multipliés. Il y a eu ces photos de vélos envoyés à la casse, après que la batterie en a été récupérée. Mais il y a aussi eu cet article, dans un journal local de Denver, Colorado, annonçant que les vélos Jump y seraient remis en place dès le 22 mai. Ils seraient opérés par Lime qui, bien entendu, veillerait à ce que, dans le cadre de l’entretien des vélos, ils soient désinfectés régulièrement.

Retrouvés !

Qu’en est-il à Bruxelles ? Reverra-t-on les vélos ?

Au cabinet de la ministre de la Mobilité, Elke Van Den Brandt (Groen), on avoue ne pas exactement avoir de réponse. C’est ce qu’explique sa porte-parole, Marie Thibaut de Maisières : " Comme chaque opérateur de micromobilité, Jump dispose d’une licence. Mais cette licence ne l’oblige pas à déployer son service. Tout ce que nous savons, c’est que, début mai, ils nous ont annoncé qu’ils comptaient remettre les vélos en rue le 8 mai. Puis est arrivée la nouvelle de la fusion aux USA. Depuis, nous n’avons plus rien entendu d’eux. Nous nous attendons à un retour, peut-être sous les couleurs de Lime, mais ce n’est pas confirmé. " Et, même si le cabinet explique que, dès que les vélos ne sont plus sur la voie publique, il n’a plus rien à dire, il espère bien ne pas devoir voir, ici, les mêmes images de vélos broyés qu’on a connues aux USA.

Nous avons conclu que la meilleure approche était de les recycler de façon responsable

Mais les vélos, justement, nous les avons retrouvés. Et ils sont prêts à reprendre du service dès demain. Ils n'ont pas été difficiles à repérer : ils sont stockés juste à côté des bâtiments bruxellois de la RTBF ! Comme vous pouvez le voir dans la photo ci-dessous, il y en aurait, en tout, quelque 1800, invisibles depuis la rue. Mais reprendront-ils un jour du service ? Rik Janse Kok, le porte-parole néerlandais d’Uber préfère ne pas se mouiller : " Les vélos qui ont été démolis aux Etats-Unis étaient de modèles plus anciens. Nous avons pensé à les donner, mais, au vu des nombreux problèmes que cela occasionnerait – difficultés d’entretien, problèmes de sécurité et manque de chargeurs grand public —, nous avons conclu que la meilleure approche était de les recycler de façon responsable. "

Donc, si on comprend bien...

Lime reprend les vélos les plus récents et les remet en circulation. Quant aux modèles plus anciens, ils sont envoyés à la casse.

Et les vélos bruxellois, qui ont été déployés l’an dernier, ils sont d’un modèle ancien ou récent ? Pas de réponse…

De même, impossible de savoir quand le service pourrait reprendre à Bruxelles :

- Ça, ça dépendra du deal entre Lime et Uber. Nous espérons pouvoir vous en dire plus dans les semaines qui viennent. La transition se fait en plusieurs vagues. Pour l’Europe, nous devons attendre que soient remplies différentes formalités juridiques.

- Mais vous comprenez l’urgence ? C’est maintenant que les gens ont besoin de solutions de mobilité adaptées à leurs besoins.

- Oui, je comprends, mais, actuellement, il est trop tôt pour dire quoi que ce soit.

Du côté de chez Lime

Poser la question à Lime n’apporte pas plus de réponse : " En Europe, explique Romain Dekeyser, responsable Lime pour le Benelux, l’accord devrait être conclu d’ici la mi-juin et nous ne ferons pas de commentaires avant cette date. " Tout au plus en apprend-on un peu plus sur le sort des vieux vélos Jump : " Une fois la transaction officiellement conclue, nous prévoyons de travailler avec Uber pour trouver des moyens durables de donner et de réutiliser les vélos électriques restants dans leur inventaire. "

Privilégier la rentabilité plutôt que la croissance

Des termes vagues, qui ne font qu’ajouter à l’incertitude régnante. Impossible même de savoir si le service reviendra à Bruxelles. Certaines informations font en effet état de l’intention de Lime de " privilégier la rentabilité plutôt que la croissance. " En clair : la compagnie se recentrerait sur les marchés où elle croit avoir le plus de chances de succès. Toutes les villes ne reverront donc pas le service. Et, même si le ton, chez Lime Benelux, se veut optimiste, seule comptera, en définitive, la réalité des chiffres.

Et la concurrence ?

Si Jump veut garder une part du marché de la micromobilité dans la capitale, il a intérêt à ne pas trop traîner.

Uber n’est pas le seul service de vélos électriques en location :

  • Il y a bien sûr Villo, mais tous ses vélos ne sont pas électriques, et, autre inconvénient, ils ne sont pas en free floating. C’est-à-dire que vous ne pouvez pas terminer votre course où bon vous semble, mais devez déposer votre bicyclette dans une station de remise.
  • Il y a également la start-up bruxelloise Billy Bike, qui a vu le nombre de trajets tripler en mars et avril.
  • Et Swapfiets, un système de location au mois qui, dès juillet, devrait proposer un vélo électrique pour 75 euros par mois. Sans compter les trottinettes et les scooters électriques.