TikTok : l'application qui fait fureur chez les ados

TIKTOK, ce nom ne vous dit rien ? C’est probablement le cas si vous avez plus de 20 ans… C’est pourtant l’application la plus téléchargée en 2018, devant YouTube et Messenger. Tiktok, c’est l’application aux 600 millions d’utilisateurs actifs (essentiellement en Asie), qui fait fureur chez les préadolescents. Car les utilisateurs sont bien souvent encore à l’école primaire.

Chanter en playback ou danser, en mode « selfie »

Anciennement connue sous le nom Musical.ly, TikTok permet de se filmer en train de chanter en playback ou de danser, en mode « selfie ». Des vidéos de 15 secondes, plus ou moins créatives. Les utilisateurs peuvent aussi rejouer des scènes de films, des pubs ou relever des défis. Par exemple, réaliser une chorégraphie avec ses doigts, disparaître de l’image puis réapparaître de façon inattendue, ou se maquiller sur de la musique techno. Un rapide montage, quelques effets, par exemple des ralentis, et la vidéo est partagée, en mode privé ou public. Le but : se faire remarquer, et récolter un maximum de « like ». Si le public des 9-14 ans est fan (surtout des filles), les parents, eux, n’y comprennent pas grand-chose…. et c’est aussi là que réside l’intérêt pour les jeunes. A l’inverse de Facebook, déserté par les ados, ils ne risquent pas d’y croiser leurs parents…

Mais comme lors de toute arrivée d’un nouveau réseau, TikTok suscite l’inquiétude… Sur YouTube par exemple, Le Roi des rats pointe le narcissisme, l’hypersexualisation, les attitudes suggestives de très jeunes filles. Exposés à la critique, les utilisateurs peuvent devenir la cible de moqueries, voire de harcèlement. Et ce n’est pas tout : TikTok serait aussi le repère d’utilisateurs malveillants. Certaines vidéos de jeunes filles peuvent attirer les prédateurs. La police française a d’ailleurs émis un avis sur Twitter invitant les parents à la prudence.

Informer et accompagner ses enfants

Les utilisateurs n’ont pas toujours conscience des risques, que cela soit sur TikTok ou sur les autres réseaux sociaux, met en garde Olivier Bogaert, commissaire de la Computer Crime Unit : « Nous devons être attentifs quand nous publions des photos de nos enfants. On ne lit pas les conditions, on les accepte, et on ne se rend pas compte qu’il y a une persistance, les photos peuvent être récupérées. On retrouve des mises en scène sur TikTok avec parfois un caractère érotique évident. Ces vidéos peuvent avoir des conséquences immédiates mais aussi dans le futur. Vous vous créez un CV numérique, dans quelques années, ces images seront toujours disponibles ».

Il faut donc expliquer les risques auxquels les jeunes s’exposent en publiant des vidéos et en dialoguant avec des inconnus. Informer, et accompagner ses enfants. « C’est de l‘éducation » argumente Mateusz Kukulka, blogueur et expert social media. « Il y a eu même débat avec Instagram, Twitter, Facebook… qu’est-ce que je fais de mon image ? Qu’est-ce que je peux montrer de moi ? Il faut apprendre aux enfants à avoir des limites dès le plus jeune âge, quel que soit réseau. Si TikTok disparaît aujourd’hui, il y aura dix TikTok demain, il faut apprendre à se gérer et à gérer son image, sur internet et sur l’ensemble des réseaux sociaux. Par rapport à TikTok ce qui est spécifique, c’est qu’ils sont très jeunes, mais c’est aussi aux parents qui mettent un téléphone dans les mains de leurs enfants de les surveiller, surtout s’ils jouent avec une caméra. C’est moins le problème de TikTok que celui des parents. C’est une question d’éducation ».

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