Tests sérologiques : uniquement pour des diagnostics, les groupes à risques et la recherche !

Tests sérologiques : uniquement pour des diagnostics, les groupes à risques et la recherche !
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Tests sérologiques : uniquement pour des diagnostics, les groupes à risques et la recherche ! - © krisanapong detraphiphat - Getty Images

La proposition de Sciensano, l’Institut de Santé publique a été approuvée par le " Risk Management Group ".

Les tests sérologiques seront destinés à diagnostiquer des personnes présentant des symptômes dans certains cas mais aussi le personnel soignant ainsi que les résidents et les personnels des maisons de repos. Le domaine de la recherche est également privilégié.

Tout le monde ne pourra pas passer un test sérologique pour savoir s’il a contracté ou non le Covid-19.

C’est, en résumé, la proposition du service épidémiologie des maladies infectieuses de Sciensano, l’Institut de Santé Publique. " Notre proposition, précise Sophie Quoilin, chef du service épidémiologie de Sciensano, s’articule autour de trois axes : tout d’abord, pour le grand public, si c’est utile pour poser un diagnostic pour toute personne qui présente encore des symptômes malgré un test PCR négatif. Ensuite, pour les cas groupés dans les collectivités, comme support aux citoyens qui seront prises pour éviter la dispersion du virus. Et enfin, afin de réaliser des études de séroprévalence, pour mieux connaître l’étendue de la dispersion du virus dans la population."

 

Pas pour tout le monde

On le sait, potentiellement, tout le monde pourrait être porteur du Covid-19 parce qu’on ne manifeste pas toujours des symptômes. Vous pourriez donc être porteur asymptomatique ou tout simplement ne pas être porteur du virus. Et vous êtes nombreux à vouloir une certitude à ce sujet. La solution : le test sérologique !

Le test sérologique permet de savoir si une personne a été atteinte du Covid, si elle a développé la maladie.

Comment ? En mesurant la présence d’anticorps.

Mais, le " Risk Management Group " réserve ces tests à des groupes cibles. La priorité est donnée au personnel soignant ainsi qu’aux résidents et aux personnels de maisons de repos. Il s’agit d’éviter une propagation de la maladie dans les endroits les plus exposés et parmi les groupes à risques.

Pourtant, de nombreuses personnes voudraient passer le test. Si elles ont produit des anticorps, elles pourraient ainsi se croire immunisées. " L’attente de la population de passer un test sérologique ne sera certainement pas rencontrée. Ce n’est pas dans notre proposition. Pourquoi ? Parce ce qu’un résultat positif de ce test, s’il indique la présence d’anticorps, ne permet pas de dire à quel point les anticorps protègent de la maladie ni pour combien de temps. Il ne pourrait être utilisé qu’en cas de diagnostic, si une personne, par exemple, présente certains symptômes qui persistent alors qu’un test PCR a été précédemment négatif.". Dans ce cas, le diagnostic permet de savoir si un patient est infecté par le Covid … ou pas. Il permet de mieux le soigner, de le soigner pour la bonne pathologie.

Par ailleurs, étant donné que les scientifiques ne cernent ni la puissance, ni la durée de l’efficacité des anticorps, une partie de la population, se sentant immunisée, pourrait ignorer les gestes barrière, laisse tomber le masque et la désinfection des mains et ainsi laisser le champ libre à la propagation du virus.

Le test sérologique a actuellement surtout une utilité de santé publique au sens large et seulement dans certaines indications, au niveau individuel.

" Ce constat est basé sur les connaissances scientifiques actuelles. Il n’y a pas de volonté de faire des économies ", ajoute Sophie Quoilin.

La recherche

Par ailleurs, Sciensano préconise le test sérologique à des fins de recherche sur les anticorps. Sophie Quoilin " On sait aujourd’hui que les anticorps sont souvent présents dès le 7ème jour et certainement jusqu’à 7 semaines mais peut-être plus. Ça on ne le sait pas. On ne sait pas non plus quelle quantité d’anticorps il faut pour lutter efficacement contre le virus. Des recherches sont actuellement en cours pour tenter d’apporter des réponses à ces questions, ce qui nous permettrait de modifier ultérieurement la stratégie de testing.".

Des recherches sont également menées pour définir la séroprévalence c’est-à-dire, la proportion de personnes, en Belgique, qui a développé des anticorps. Elles sont notamment menées sur base d’échantillons de sang fournis par la Croix-Rouge. Toutes les 2 semaines Sciensano reçoit quelques 3000 échantillons de la Croix-Rouge section Flandre et du Service du Sang pour la Wallonie et Bruxelles afin d’effectuer ces recherches. Ainsi, au 14 avril dernier, 4,3% de la population en Belgique avait fabriqué des anticorps contre le coronavirus sans de trop grandes différences entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, une immunité collective pour l’instant encore faible.

Ces recherches permettent de savoir que peu de personnes ont développé une immunité contre le virus.

" L’information importante c’est que les mesures de distanciation sociale et d’hygiène doivent donc être d’autant plus respectées. ", ajoute Sophie Quoilin. 

Qui paie ?

Toutes ces propositions, validées par le Risk Management Group feront certainement l’objet d’un remboursement de l’INAMI. Il y a fort à parier que ce remboursement sera de 100% pour les patients à diagnostiquer … tout comme pour les tests PCR. Les fournisseurs de tests sérologiques sont dans les starting-blocks … la société liégeoise Zentech a déjà reçu une commande de 3,65 millions de tests de l’Etat belge.


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