Surfer sur internet, c'est aussi polluer

Faire une recherche sur Google, envoyer un e-mail, liker une photo, télécharger une vidéo, partager un article. Internet fait désormais partie de notre quotidien. Que ce soit sur ordinateur, tablette ou smartphone, le numérique est omniprésent dans nos vies. A la maison, au boulot, dans le métro, dans la file du supermarché, on se connecte pour consulter notre courriel, vérifier la météo, regarder notre fil d’actualité Facebook.

Internet pollue autant que les avions

Si ces comportements sont virtuels, leur impact environnemental est bien réel. C’est une pollution invisible à laquelle on participe tous les jours sans en avoir conscience. On appelle cela la "pollution numérique". Si la toile parait virtuelle, en réalité, elle ne l’est pas du tout. On estime qu’Internet pollue autant que le secteur aérien.

Chaque e-mail parcourt 15 000 km

Ainsi, le courriel envoyé à votre voisin de bureau parcourt des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans sa boite de réception. On estime qu’un mail parcourt en moyenne 15 000 km. Une fois que vous cliquez sur " envoyer ", votre e-mail emprunte un câble en cuivre pour rejoindre un serveur. De là, il est envoyé dans un data center, un centre de données qui va l’analyser. Ensuite, il traverse l’Atlantique pour se rendre dans le data center de l’hébergeur de votre messagerie. Hébergeur (Gmail, Hotmail, Yahoo) qui se trouve généralement aux Etats-Unis. Une fois que votre e-mail aura été traité, il refera le chemin inverse pour atterrir dans la boite de réception de votre voisin de bureau.

Pendant son périple de 15 000 km, votre e-mail aura engendré une demande en énergie équivalente à celle d’une ampoule électrique allumée pendant … deux heures!

Les data centers sont très gourmands en énergie

En cause : les data centers. Il s’agit d’énormes centres qui traitent et qui stockent vos données de manière presque éternelle. Les albums photos que vous avez sur Facebook, les mails qui se trouvent dans votre boite, toutes ces données sont stockées quelque part dans un data center.

Concrètement, un data center ressemble à une énorme usine remplie de serveurs. Ces appareils sont très gourmands en électricité. De l’électricité, il en faut aussi beaucoup pour refroidir ces serveurs qui tournent en continu. De plus, ces centres de données sont des lieux très sensibles. En termes de fiabilité, ils ont des exigences équivalentes à celles des hôpitaux. Ils sont donc équipés de groupes électrogènes pour prendre le relai en cas de panne.

Facebook, Apple et Google sur la voie du renouvelable

Pour diminuer notre emprunte numérique, l’organisation Greenpeace plaide pour des énergies 100% renouvelables pour alimenter les centres de données et autres infrastructures numériques. Les géants du net Facebook, Apple et Google sont les premiers à s’être engagés pour un Internet plus respectueux de l’environnement.

Netflix, Amazon et Twitter à la traine

Mais d’autres grands acteurs du web peinent à s’engager pour une toile moins polluante. Toujours selon Greenpeace, Netflix a toujours recours à des " énergies sales ". Le géant américain alimente essentiellement notre streaming vidéo avec du charbon. Autre mauvais élève : Amazon, qui n’utilise que 17% d’énergie issue de source renouvelable. Greenpeace pointe aussi Twitter et Pinterest.

Comment surfer plus vert?

Enfin, les internautes que nous sommes peuvent aussi agir en faveur d’un Internet plus respectueux de la planète. Quelques bonnes habitudes à prendre :

  • Regarder les séries en streaming en basse définition
  • Éviter d’envoyer des e-mails avec de trop grosses pièces jointes
  • Éviter les réponses à des destinataires multiples quand ce n’est pas indispensable
  • Vider régulièrement sa corbeille
  • Se désinscrire des nombreuses newsletter qu’on ne lit jamais
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