Déconfinement: "Sortez masqués"... mais à quel prix ?

Le masque est devenu un moyen de protection essentiel pour la lutte contre le Covid-19. Vous en achèterez peut-être si vous ne vous en êtes déjà pas fabriqué un en tissu. Mais cela risque de vous coûter cher … et pour quelle qualité ? " On n’est pas des pigeons " a enquêté.

Le port du masque vient en complément des autres mesures sanitaires. Dans certains cas, il est aussi obligatoire, dans les transports en commun, par exemple. Il le sera aussi dans les écoles (à partir de de l’âge de 12 ans). Votre commune ne vous en a pas donné ? Vous n’en avez pas cousu un vous-même ? Vous n’avez pas encore reçu celui que le gouvernement fédéral vous a promis … alors, il faudra bien vous résoudre à en acheter. Parce qu’une fois à l’extérieur vous ne pourrez pas toujours respecter la distanciation physique.


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Combien ça coûte ?

Chez Delhaize et Carrefour, la boîte de 50 masques est au même prix : 31,49 euros. Les conditionnements varient parfois d’un distributeur à l’autre : la boîte de 5 est à 3,85 euros chez Delhaize (disponible cette fin de semaine) et la boîte de 10 est à 6,30 euros dans les Carrefour Express. Pour ces prix-là, on a bien des masques chirurgicaux. C’est ce qu’Ariane Goossens, porte-parole de Carrefour confirme : " Il s'agit bien de masques chirurgicaux, dont la qualité est certifiée puisqu'ils respectent le standard de conformité EN14683 type 1. Pour rappel, les masques chirurgicaux sont destinés à éviter, lors de l'expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles. "

Mais chez Delhaize, les masques tout d’abord mis en vente sous la dénomination " masque chirurgicaux " ont changé d’appellation. Ils sont devenus des " masques civils ". Pourquoi ? Réponse de Karima Ghozzi, porte-parole : " En fait, officiellement, il s’agit de masques dits " civils " à usage médical. Nous avons voulu respecter cette dénomination mais finalement, tout récemment, pour une meilleure compréhension du consommateur, nous avons finalement choisi de conserver le terme " chirurgical ".  

Cette dénomination pose également question chez Colruyt qui commencera à vendre des masques à partir du 11 mai. Colruyt vendra des " masques de confort ". Pourquoi cette dénomination ? Réponse de Hanne Poppe, porte-parole de Colruyt : " Nous devons et voulons être en pleine conformité avec la loi. Si nous voulons les vendre sous la rubrique "masques chirurgicaux", un certain nombre d'étapes supplémentaires seront nécessaires : par exemple, l'emballage doit porter un marquage CE. Parce que nous n'avions pas le temps de le faire avant le 11 mai et que nous voulons aider nos clients le plus rapidement possible, nous avons décidé de les mettre en vente sous le nom de "masque de confort", nous sommes donc pleinement conformes à l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé. Il s'agit donc d'un aspect purement juridique. Les masques que nous vendront seront de haute qualité".

Des masques seront également mis en vente chez Lidl à partir du 11 mai. Les prix sont à l’étude dans ces deux chaînes de distribution.

En pharmacie

Vous pouvez également acheter vos masques en pharmacie.

Alain Chaspierre, Secrétaire général de l’Association Pharmaceutique Belge précise : " Le prix varie entre 1,2 et 1,7euros le masque. Le prix est libre mais cela dépend aussi de la quantité achetée par le pharmacien. Certaines pharmacies peuvent se permettre d’acheter en grande quantité et de répercuter la baisse du prix d’achat sur le prix de vente au consommateur. Ainsi, la chaîne de pharmacies EPC Familia annonce un prix de 0,97 euros le masque. "

Et les masques en tissu ?

Pour participer à cet " solidarité sanitaire ", vous choisirez peut-être de porter un masque en tissu. Pour Alain Chaspierre

Le masque chirurgical n’est pas nécessaire pour le grand public. L’important c’est l’effet " barrière ". Pour cela un masque en tissu, lavable et réutilisable est suffisant.

" L’idéal c’est le masque tissu 3 couches avec possibilité donc d’insérer un filtre ". En fait, porter le masque vous protège uniquement parce qu’il protège les autres. Explication : avec un masque, lorsque respirez ou éternuez par exemple, une grande partie de micro-goutelettes ne s’échappent pas dans l’air ambiant. Vous protégez ainsi les personnes tout autour de vous. Et si tout le monde porte un masque alors chacun protège tous les autres d’une contamination éventuelle. C’est ça, l’effet " barrière ".

Le masque en tissu coûte plus cher mais, à l’utilisation il vous reviendra certainement moins cher. Imaginez une famille de 4 personnes. La famille achète des masques chirurgicaux en grande quantité (boîte de 50 dans la grande distribution) qu’il faut changer au moins 2 fois par jour. Cela lui coûtera environ 150 euros par mois. L’achat de masque en tissu (environ 20 euros pour 4 masques dans la grande distribution) coûtera seulement 80 euros, des frais qu’il ne faudra pas renouveler tous les mois.

Scandale ?

Et si, sur le chemin de la gare, au dernier moment, vous oubliez d’emporter un masque, il est toujours possible d’acheter un masque en tissu dans des distributeurs automatiques, à la gare.

De nombreuses personnes se sont étonnées sur les réseaux sociaux du prix de ces masques : 15 euros l’unité ! Explication de Dirk Deroo qui représente la société Selecta qui commercialise ces masques : " C’est un masque Premium, de qualité, que l’on peut laver 500 fois. Mais rassurez-vous, on va ajouter d’autre masques, moins chers dans les prochains jours, des masques réutilisables, deux pour 9 euros et aussi des masques jetables, 5 pour 7 euros ". La SNCB ne vend donc pas des masques. Ce sont des concessions et des magasins présents dans les gares qui les commercialisent.

Concrètement, les concessionnaires de la SNCB proposeront progressivement ces produits d’hygiène dans une centaine de gares en Belgique dans leurs automates ou en magasins.

Précise Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB.

Petit à petit, de plus en plus de Belges retrouvent la sensation de la vie à l’extérieur. Mais il faut poursuivre l’effort pour profiter de cette liberté retrouvée : se laver les mains, garder ses distances et sortir masqué (si nécessaire) !

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