Solution à l'endettement: le règlement collectif de dettes

Certaines familles s'endettent plus qu'il ne faut. Mais, il y a des solutions. L'important c'est de ne pas fermer les yeux sur ses problèmes et faire l'effort, à un moment donné, de régler ses factures. Les montants sont parfois importants et on ne sait pas toujours par quel bout le prendre. On peut avoir recours à un règlement à l'amiable ou alors, même devant la justice, introduire un procédure pour obtenir un règlement collectif de dettes. Là, les CPAS peuvent aider à monter un dossier ... c'est ce qu'ont fait Edith Lucas et Lucrèce Ledune, mère et fille pour commencer à venir à bout d'une lourde dette. Elles se sont fait aider par le CPAS du Roeulx.

A la suite d'une séparation Edith Lucas a élevé seule ses quatre enfants. Il a fallu déménager et reconstruire une vie, avec ses frais et dépenses. Edith travaillait mais ne parvenait pas à joindre les deux bouts. Elle a emprunté. Les crédits se sont accumulés. Elle ne parvenait plus à gérer ses dettes : "J'en avais tellement marre de voir tout ça que je préférais cacher mes papiers dans mon armoire, faire semblant de rien". A l'époque, sa fille a voulu aider sa mère et son plus jeune frère, Quentin. Mais Lucrèce le reconnaît aujourd'hui, sa bonne volonté - de crédit en rachat de crédit - n'a fait qu'augmenter le montant de la dette familiale : "J'ai fait des crédits pour pouvoir aider maman à payer des factures d'hôpitaux qui en grande partie étaient des factures d'hôpitaux à mon nom. Je l'ai aidée, je lui ai acheté un petit scooter pour pouvoir aller travailler donc j'ai dû faire un crédit pour l'acheter". La dette atteint alors 20 000 euros. Les huissiers font pression. Lucrèce raconte : "On commence à avoir peur. On se dit qu'ils vont venir saisir les meubles, qu'ils vont venir prendre tout ce qu'on a essayé de reconstruire et, on en dort plus. On devenait fou, on arrivait même à se prendre la tête entre nous pour des papiers qui n'étaient pas payés. Ce n'était plus possible. C'était ça ou alors c'était la famille qui se déchirait".

La solution : le règlement collectif de dettes

Edith et Lucrèce prennent alors la décision de pousser la porte du CPAS du Roeulx qui les aide à obtenir, en justice, un règlement collectif de dettes. Il permettra de rembourser les créanciers et pas que ça, selon Céline Brabant, médiatrice de dettes au CPAS du Roeulx : "L'avantage c'est que la pression des créanciers qui, jusque là, frappaient à la porte, déposaient des courriers, ajoutés aux coups de téléphone des sociétés de crédit, toute cette pression-là, on ne l'a plus". Les dettes sont "gelées" en attendant une décision judiciaire qui déterminera un plan de paiement aux créanciers.

Il faudra payer

Mais il faudra tout de même rembourser, non? En fait, Edith et Lucrèce travaillent. Leurs revenus - 2600 euros par mois - sont versés sur le compte d'un médiateur, un avocat, qui réserve 1000 euros pour les créanciers. Les 1600 euros restants - l'allocation de médiation - sera versée sur le compte du CPAS qui payera loyer, factures et prévoira une petite épargne (sur base volontaire des débiteurs). Reste alors 900 euros pour les dépenses quotidiennes à trois. Cela ne laisse pas grand chose pour les courses : elles s'autorisent 120 euros par mois ... Là, Lucrèce à un truc : elle utilise sa calculette. A l'approche des fêtes, il faudra aussi faire attention au budget "... on fera au moins cher comme ça tout le monde sera content. Tout le monde aura quelque chose. Malgré tout on verra les enfants - ma filleule et mon neveu - ouvrir leurs cadeaux, même si c'est un bête cadeau à 5 euros. Le principal sera de les voir sourire et ça, ça nous rendra joyeux. Ce sera un peu moins difficile quand on les verra sourire".  

Affronter la réalité

Voilà qui redonne espoir mais pour sortir la tête hors de l'eau, Edith l'a bien compris, il aura fallu affronter la réalité : "Il a fallu reprendre les papiers de l'armoire. Maintenant je me sens mieux. Je peux dormir la nuit. Je peux ouvrir mes portes. Ça durera ce que ça durera. On n'a pas le choix mais on s'en sortira". Edith et Lucrèce ont ainsi surmonté une première épreuve. En luttant ensemble, en se serrant les coudes, elles ont préservé une grande richesse : la famille.

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