Semaine de l'allaitement maternel: "Le choix d'allaiter ou non doit être respecté au sein de la société"

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'allaitement maternel, le SPF Santé publique a lancé une campagne de sensibilisation, "Mangez local". 

Selon le service public fédéral de la santé, l’allaitement est un facteur important du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tout comme le concept du "mangez local", il favorise le développement durable, parce qu’il n’y a pas de déchet, pas de boîte à jeter, pas de consommation d’énergie ( si ce n’est celle de la mère ), pas de transport, pas de pollution. Et enfin, il lutte contre la pauvreté puisque les mamans ne doivent rien acheter.

L'OMS (Organisation mondiale pour la santé) recommande un allaitement maternel jusqu'à l'âge de 6 mois. Mais actuellement, certaines mamans qui travaillent ne peuvent pas allier le boulot et l'allaitement. En Belgique, par exemple, on estime que 19% des bébés sont allaités exclusivement jusqu’à 6 mois. Et en Wallonie, par exemple, le taux d’allaitement est plus bas qu’à Bruxelles.

Pour en parler, l'équipe d'On n'est pas des pigeons a contacté Laurence Doughan, experte en politique nutritionnelle au SPF Santé publique.

Pourquoi une telle campagne, l'allaitement n'est-il pas entré dans les mœurs?

"Pas vraiment. Chaque année, nous devons retaper le clou à l'occasion de cette semaine mondiale de l'allaitement maternel. Le SPF Santé publique en collaboration avec le comité fédéral de l'allaitement maternel invite les maternités à rappeler l'importance de cet allaitement auprès des futures mamans et des jeunes parents."

Faut également sensibiliser les professionnels de la santé ?

"Effectivement, il y a un travail continu qui doit être effectué auprès des professionnels de la santé dans la périnatalité, donc avant et après la naissance. Dans le cursus des futurs gynécologues et des futurs pédiatres, il y a la lactation humaine, y compris auprès des sages-femmes et des infirmières pédiatriques, mais il faut accentuer cette formation et surtout accentuer la communication auprès des parents pour expliquer les bénéfices de l'allaitement maternel et aussi le choix du non-allaitement.

Existe-t-il une pression à l'allaitement auprès des jeunes mamans ?

"Le choix d'allaiter ou non doit être respecté au sein de la société, c'est d'ailleurs pour cela que nous avons fait une charte, en 2009, auprès des employeurs qui les invite à afficher les principes du respect de la maternité au sens large, qu'on allaite ou pas. Le but du SPF Santé publique n'est absolument pas de stigmatiser les mères qui ont fait le choix de ne pas allaiter ou qui n'ont pas réussi. Mais il faut également comprendre qu'il y a une pression marketing énorme auprès des maternités au niveau des préparations pour nourrisson. Nous n'avons pas les mêmes budgets que ces firmes qui produisent le lait et on constate qu'il existe une culture plus forte du biberon que du sein. Il y a donc des choses à contre-balancer pour permettre un choix libre auprès des mamans.

Est-ce que l'allaitement, aujourd'hui, n'est pas considéré comme une solution miracle ?

"Bien sûr, un enfant allaité aura plus de chances au niveau anti-corps et hormones présentes dans le lait maternel. Le lait maternel est un milieu biologique actif, il change chaque jour et est vraiment adapté pour chaque bébé. C'est une réponse pratiquement continue sur le plan immunitaire, donc en ce sens, il est déjà miraculeux. Mais dire qu'un enfant qui reçoit le biberon sera en mauvaise santé, aura de l'asthme ou de l'allergie, c'est également une ineptie. Nos campagnes de service public en faveur de l'allaitement maternel sont à l'échelle d'une population, mais chaque maman doit être respectée même si son choix est de ne pas allaiter.

Si au niveau de certaines personnes ou institutions hospitalières, on se sent oppressé à l'allaitement, cela doit être condamné. Ce n'est pas la solution et cela aura souvent l'effet inverse auprès des mères qui se sentent agressées dans une moment de vulnérabilité. Il faut veiller à rester en retrait et travailler à cette communication pour ne pas être trop invasif dans la décision d'allaiter ou non."

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