Selon Comeos, "le commerce belge est resté bloqué au siècle passé"

Selon Comeos, le commerce belge est resté bloqué au siècle passé
Selon Comeos, le commerce belge est resté bloqué au siècle passé - © YakobchukOlena - Getty Images/iStockphoto

Le commerce belge est resté bloqué au siècle passé! C’est Comeos, porte-parole du commerce et des services en Belgique, qui le dit dans La Libre. Le regard que pose la fédération belge du commerce sur son propre secteur est assez affligeant...

Les marges bénéficiaires des commerçants sont en chute libre. Ces dix dernières années, les surfaces commerciales vides ont doublé. Et si le commerce en ligne explose, ce sont surtout les plateformes étrangères qui en profitent. Le directeur de Comeos est dépité. Dominique Michel estime que le commerce en Belgique n’est toujours pas passé au XXIe siècle. 

Aujourd'hui, après avoir comparé les prix, on se rue sur Amazon

Ce dernier raconte à qui veut l'entendre la petite histoire de la machine à laver. Avant, cette machine à laver, on l’achetait dans le magasin d'électro-ménagers de sa région. Aujourd’hui, après avoir comparé les prix, on se rue sur Amazon. Et si c’est moins cher sur Amazon, c’est parce que la machine à laver bénéficie d’une TVA à 19% contre 21% chez nous. Parce qu’il n’y a pas de taxe Recupel, il n'y a pas non plus d’obligation de reprendre la machine usagée. Les sites en ligne étrangers ne sont pas soumis aux mêmes règles que les commerçants belges.

A l'heure où le commerce n'a plus de frontières, le secteur a besoin de flexibilité

La fédération des commerçants profite donc de cette période préélectorale pour secouer les politiques. En effet, à l’heure où le commerce n’a plus de frontières, le secteur a besoin de flexibilité. En matière d’horaires mais aussi de livraison, de préparation des commandes… Nos lois datent des années 50, 60 ou 70, alors qu'arrivent sur le marché des plateformes, étrangères et aussi belges, qui se permettent une flexibilité que les autres n’ont pas. Autre gros point noir : le coût du travail. Il est de 20 euros de l’heure chez nous, contre 17 en France et au Luxembourg et à peine 14 euros en France et aux Pays-Bas. Pour le directeur de Comeos, si ça continue, bientôt, ce sera plus rentable de faire appel à des robots qu’à des humains… 

Or, le commerce en Belgique, ce n'est pas moins de 400 000 emplois. Ce sont des boulots précieux. Car pour être vendeur, aucun diplôme n’est requis. Beaucoup de gérants de supérette n’ont pas terminé leurs secondaires et ça ne les empêche pas de diriger des équipes d’une dizaine de personnes. Le secteur du commerce joue donc aussi un rôle d'ascenseur social. Raison de plus s'il en fallait une, de l'aider à faire face à ses nouveaux défis.

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