Ruée chinoise sur le bois wallon

Des traders chinois achètent notre bois wallon à prix d'or. Notre parc à grumes se vide. Les scieries sont à court de matière première. Une réflexion sous forme d'intérêt national et des budgets pour un plan de relance s'imposent.

Une situation critique pour les scieries et leurs clients

Raphaël Cornet est menuisier depuis 10 ans. Il achète du chêne et d'autres espèces de feuillus dans la scierie de Faulx-les-Tombes. Il choisit de venir acheter son bois dans une entreprise familiale, car il sait ce qu'il achète. Il n'est pas fourni sans avoir vu la marchandise.

Mais il est de plus en plus difficile pour cette entreprise familiale de servir les clients.

"Notre public, ce sont des artisans, des négociants en bois, que nous ne pouvons plus approvisionner car le parc à grumes est vide, nous n'avons plus la matière première. C'est ça, le gros problème aujourd'hui.", observe Olivier Schadeck, collaborateur, Ets Hontoir S.A., à Gesves.

La faute aux Chinois

Les scieurs sont dépassés par le marché à l'exportation: le bois part en Chine. Emmanuel Defays, directeur général de l'Office Economique Wallon du Bois, observe: "Parce qu'ils sont très gourmands et que le marché chinois est très dynamique, ils proposent des prix qui sont de plus en plus élevés et qui nous mettent dans une situation de plus en plus inconfortable."

Les Chinois achètent en effet la matière brute, absolument pas transformée, nous explique-t-il en montrant de gigantesques troncs d'arbres empilés les uns sur les autres.

Et ce bois revient chez nous sous une autre forme

Raphaël Cornet: "Ca veut dire qu'on vend du bois, on va le faire transformer là-bas, puis on le revend ici sous forme de matériaux, de panneaux, de plaquages et tout ce qui s'en suit. C'est un peu bête de ne pas faire travailler les gens de la région. Alors qu'on sait travailler en Belgique, je pense."

Quelles actions mener pour rectifier la situation ?

D'une part, des pays comme l'Allemagne et la France limitent l'exportation à un pourcentage déterminé. "Ce que nous en Belgique, visiblement, nous ne faisons pas. On ne protège pas le parc suffisamment", déplore Olivier Schadeck.

D'autre part, une autre action à mener, c'est d'influencer les propriétaires de bois.

"Ils ont intérêt à gagner un peu moins d'argent immédiatement, pour pouvoir à terme assurer un revenu garanti, grâce à la présence sur notre territoire d'un outil performant de transformation ", propose Emmanuel Defays.

Une réflexion sous forme d'intérêt national pour continuer à fournir de la matière première dans nos scieries.

Des budgets pour un plan de relance à hauteur de huit millions d'euros viennent d'être adoptés en soutien à la filière wallonne du bois.


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