Rouvrir le 1er mai : 50 restaurateurs liégeois sont déterminés à le faire

Plus de 50 restaurateurs liégeois veulent rouvrir le 1er mai coûte que coûte. Ils se sont réunis dans un Collectif Wallonie Horeca. Dans quel état d’esprit sont-ils ? Et quelles seront les règles sanitaires qu’ils proposent ?

Ouvrir : une question de survie

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Valérie et Christophe ouvrent quoi qu’il arrive sinon c’est une fermeture définitive © caffeinternazionale.be

Valérie Migliore est gérante du " Caffe Internazionale" à Liège depuis 8 ans. Elle travaille avec son mari et 3 autres personnes ainsi que 3 extras, des étudiants. Tout allait bien avant le Covid mais là, tout s’écroule :

On a été fermé 10 mois sur 14 et chaque mois fermé, je m’endette de 3000 euros.

Sa situation est insupportable financièrement et moralement: "La semaine dernière, j’ai reçu deux grosses factures : 3000 euros rien que pour l’ONSS et une autre de 2400 euros et s’ajoute encore le loyer de 2500 euros … J’ai craqué lorsque j’ai entendu la réponse de Pedro Falcon, le commissaire du gouvernement en charge de la crise du coronavirus de reporter encore la réouverture de l’HoReCa prévue le 1er mai. "

Après être passée par l’incompréhension, la tristesse et la colère, Valérie aujourd’hui est déterminée :

J’ouvre le 1er mai quoiqu’il arrive ! Je n’ai plus rien à perdre.

Et pour cette réouverture, Valérie est prête à appliquer un protocole sanitaire plus strict encore que celui imposé de juin à octobre dernier.

Les serveurs et serveuses porteront des masques FFP2, j’ai beaucoup de place, je peux espacer les tables de 3, 4 mètres : une dans chaque pièce.

Cette restauratrice estime qu’elle peut recommencer à travailler sans mettre en danger la vie de ses clients. Elle ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas ouvrir, alors qu'elle voit le monde s'agglutiner dans les supermarchés.

Ouvrir pour Valérie est donc une véritable question de survie comme pour les 50 autres restaurateurs liégeois du Collectif Wallonie Horeca.

On se moque de nous

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Marc a reçu plus de 300 demandes de réservation pour le 1° mai © marc.be

Marc Carnevale travaille depuis 38 ans dans le resto " Les sabots d’Hélène" et il en a marre que le gouvernement se moque de leur secteur. Il pense qu'il y a de plus en plus d'experts, de spécialistes Covid et paradoxalement, de moins en moins de solutions. Il précise: "On nous dit que cela va ouvrir à telle date et puis, ils reportent encore."

J’aurais préféré que l’on nous dise dès le départ : vous fermez 6 mois et on aurait pu se retourner ! Là, on attend et c’est atroce ! 

Marc a peur pour ses collègues restaurateurs qui ont des dettes importantes et sont dans le désarroi.

J'ai plusieurs amis qui se sont suicidés et là, j'ai peur que d'autres passent à l'acte.

Pour tout un secteur, c’est très difficile, continue-t-il, car nos clients nous manquent, les aides ne suffisent pas et on ne donne pas de calendrier, de date officielle pour rouvrir. Malgré leur situation financière catastrophique, les restaurateurs liégeois veulent éviter aux clients qu’ils paient leur repas 18 euros et puis 300 euros de PV. Ils disent de ne être des hors-la-loi, mais qu'il est temps qu'on les laisse travailler en toute sécurité. 

Et preuve que la demande suit, depuis l’annonce de cette réouverture, le téléphone de Marc ne cesse de sonner :

Pour le 1er mai, le resto est déjà complet. J’ai refusé plus de 300 demandes !

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