Réouverture des restaurants : vous allez vivre une expérience hors du commun !

Après pratiquement trois mois de fermeture, l’horeca est impatient de rouvrir, mais les conditions de cette étape cruciale du déconfinement n’étaient pas une mince affaire à évaluer et à négocier entre les représentants du secteur et les experts.

Les mesures " Coronavirus " prises dans les restaurants vont vous faire vivre une expérience complètement hors du commun !

Voici un aperçu du menu qui vous attend lors de votre prochain restaurant.

Entrée, Covid pour tous

Si vous comptiez vous changer les idées en vous offrant une petite sortie au restaurant, c’est raté. Il vous sera impossible dès l’entrée d’oublier la crise. Des recommandations claires, à retrouver dans le Guide des bonnes pratiques sanitaires dans le secteur Horecaont été faites aux restaurateurs...

Les mesures de prévention COVID-19 doivent être affichées de manière visible à toutes les entrées, sur le sol ainsi qu’à l’intérieur de l’établissement, à l’accueil, sur les terrasses et via le site web et les médias sociaux.

Pour celle et ceux qui oublient de laver leurs mains avant de passer à table, de quoi se laver les mains ou un désinfectant " sera à leur disposition à chaque entrée.

En salle, tables clairsemées OU un champ de plexi

Lors de votre entrée en salle, vous devriez avoir votre regard attiré par des marquages au sol. Il vous sera alors impossible de déambuler où bon vous semble pour choisir une table, par exemple. Votre placement sera organisé par une signalétique ad hoc et des barrières, si nécessaire.

Lieux d’attente et de passage fixes et clairement marqués, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’établissement de restauration. Et la distanciation sociale devra être respectée !

Entre les tables et entre les zones d’attente, la désormais répandue règle du mètre cinquante sera de mise. " Si cela s’avère impossible pour les contacts clients/clients, prévoyez des mesures de protection supplémentaires telles que, par exemple, des écrans plexiglas ou autres barrières physiques. " Entre les tables qui ne permettraient pas une distance d’au moins un mètre cinquante, les plexis doivent atteindre au moins un mètre quatre-vingt de haut, hauteur de sortie des postillons d’un homme de deux mètres.

Le personnel, en papillote OU en croûte

Vous ne reconnaîtrez sans doute pas votre sympathique serveur habituel. Il sera pourtant bien devant vous, à plus d’un mètre cinquante, sous ses équipements de protection, comme les masques de protection ou les gants jetables. " Ce n’est pas une simple recommandation, c’est une obligation !

Le port du masque de protection est obligatoire pour le personnel. 

Ne soyez pas étonné non plus si un serveur se présente à vous, muni d’un masque de protection faciale. Non, vous n’êtes pas en train de pique-niquer au milieu d’une unité Covid d’un hôpital, le serveur n’a pas non plus oublié de retirer sa visière de protection après avoir débroussaillé le fond de son jardin, vous êtes bien au restaurant en 2020 et il est recommandé de compléter les masques de protections classiques par " des écrans faciaux si nécessaire. Cependant, les écrans faciaux ne peuvent jamais remplacer les masques de protection. "

A table, farandole de technologie OU la traditionnelle ardoise

L’objectif des mesures prises pour cet endroit précis est simple à comprendre....

Il faut éviter que deux personnes issues de deux bulles différentes touchent les mêmes objets dans un laps de temps égal à la durée de survie du virus.

Il est dès lors " absolument déconseillé de proposer une carte de menu et de boissons qui soit manipulée par des clients différents. " Exit la carte grasse et collante de certains établissements. Ouf ! Il est conseillé aux restaurateurs de ressortir les bonnes vieilles ardoises ou les panneaux que l’on fixe sur un mur. La technologie à ce sujet peut également les aider. Les clients peuvent télécharger la carte sur leur propre smartphone via un code QR scannable depuis la table.

Le guide des bonnes pratiques conseille aussi de demander aux clients de faire leur choix avant d’arriver au restaurant.

" Vous pouvez également placer la carte des menus et des boissons sur le site web et demander à vos invités de la consulter lors de la réservation. "

En attendant que votre robocop de serveur ne vienne vous servir, il ne vous sera pas loisible de vider la corbeille de pain avec une petite portion de beurre fermier et priez pour que l’assaisonnement de votre plat soit à votre goût car il est déconseillé aux restaurateurs de mettre à la disposition permanente de ses clients des " pots de beurre, de pots de sel et de poivre, d’huile et de vinaigre, de bouteilles de ketchup, de paniers à pain, d’objets de décoration… " Il va vous falloir de l’imagination pour meubler l’espace.

Au petit coin, sans les mains

Si vous avez la peur de la nappe blanche, l’inspiration pourrait venir en faisant un petit détour par les toilettes. Vous ne devriez pas avoir besoin de vos mains pour vous retrouver devant un urinoir ou une toilette.

Toutes les portes doivent pouvoir s’ouvrir et se fermer sans utiliser vos mains. Par exemple avec le coude ou le pied ou tout autre membre, sauf la bouche, bien sûr.

La règle du mètre cinquante s’applique également dans les toilettes. " Si plusieurs urinoirs sont présents, il se peut qu’ils ne puissent pas tous être utilisés ou qu’il faille placer des cloisons d’une hauteur de 2 m. " Contrairement aux postillons, projetables au plus haut à un mètre quatre-vingt en salle, d’autres liquides corporels exigent une rehausse de vingt centimètres dans les toilettes.

n temps de crise, au diable l’écologie, oubliez le réutilisable. " N’utilisez certainement pas de serviettes en tissu ni de sèche-mains électrique, mais utilisez des serviettes ou des rouleaux de papier. "

A la sortie, un cure-dent OU un coton-tige

Si robocop vous présente une boîte de cotons-tiges à la fin du repas, non, ce n’est pas que l’établissement est en manque de cure-dent, c’est pour que vous puissiez taper votre code sur le terminal de paiement sans toucher les touches.

Il est recommandé aux restaurateurs de travailler autant que possible en numérique et sans contact.

" Lorsque vous utilisez l’appareil de paiement, il doit être nettoyé et désinfecté après chaque utilisation. Ou prévoyez un système avec du gel pour les mains et des cotons-tiges pour les clients. "

Pierres d’achoppement

On le comprend, les mesures pour la réouverture des restaurants n’ont pas été simples à édicter. Certaines d’ailleurs ne rencontrent pas encore de consensus.

Thierry Neyens, le président de la fédération HoReCa Wallonie, nous confie ses doutes sur quelques-unes d’entre elles.

1. Mesures : " Les coordonnées d’un client par table doivent être enregistrées à l’arrivée et conservées pendant 14 jours afin de faciliter toute recherche de contact ultérieure. "

" Le restaurateur s’enquiert lors de l’inscription de la santé des clients. "

Thierry Neyens : " On ne peut pas s’immiscer à la fois sur la problématique de l’état de santé de la personne. On nous demande aussi à un moment donné de veiller à ce que la personne qui est à risque qu’on puisse la refuser. On n’a pas ce rôle de policier, ni de médecin. On n’a pas ces rôles et ces responsabilités à endosser. "

2. Mesure : " En ce qui concerne l’occupation des tables, la règle de la bulle sociale telle que définie par les autorités doit être respectée. "

Thierry Neyens : " Quel sera le silo, cette bulle, le nombre de personne ? Quel est le réseau tel que défini au niveau d’un particulier ? C’est la famille, plus les enfants ou plus des amis. Si on exclut la clientèle d’affaires, on a un problème. L’horeca, ce n’est pas que la table du samedi, dimanche avec la famille. ".

3. Mesure " Il est interdit de sortir pour fumer. "

Thierry Neyens : " Il y a des choses qu’il ne faut pas prendre au mot à mot ou interpréter de manière excessive. C’est sûr que s’il n’y a qu’une personne qui va fumer dans le champ ou en face. Maintenant, c’est plus compliqué dans un établissement où il y a cinq restaurants l’un à côté de l’autre et où tous les fumeurs vont tous se retrouver au même endroit, près d’un cendrier. Il faut une certaine interprétation ou souplesse dans les faits. "

Au vu des actions et protestations menées ces derniers jours, il est fort à parier que les restaurateurs donneront plus de souplesse à ces mesures qu’ils ne les appliqueront à la lettre. Il faut aussi, selon monsieur Thierry Neyens, le président de la fédération HoReCa Wallonie, pour relancer ce pan de l’économie lui permettre de retrouver l’un de ses premiers atouts, la convivialité.


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