Reprise partielle mais importante dans le secteur de la construction

Pelleteuse à l'oeuvre, ouvriers sur le bâtiment : le travail est bel et bien en cours
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Pelleteuse à l'oeuvre, ouvriers sur le bâtiment : le travail est bel et bien en cours - © Tous droits réservés

Officiellement, les chantiers de construction n'ont jamais été à l'arrêt. Mais dans les faits, on dénombrait mi-avril pas moins de 80% d'entreprises ayant stoppé temporairement leurs activités. Parfois simplement à cause du manque de clients ou de matières premières. Mais le souci de livraison des matériaux n'est plus d'actualité car fournisseurs et centrales à béton ont repris leurs activités. Seul demeure le problème d'approvisionnement venant de l'étranger. Il faudra peut-être oublier le marbre de Carrare pour quelques temps.

Ainsi, une étude menée hier par la Confédération de la Construction indiquerait, sur base de résultats partiels, qu'on serait plus proche des 50% de fermeture à l'heure actuelle. Une bonne nouvelle, qui ne masque pourtant pas quelques problèmes cruciaux.

Des solutions demandées de toute urgence

Selon Francis Carnoy, directeur général de la branche wallonne de la Confédération de la Construction, la véritable reprise ne pourra s'effectuer que lorsque certains écueils seront contournés.

"Nous avons quatre goulots d'étranglement qui nous empêchent de travailler :

  1. Des communes qui bloquent les chantiers publics par crainte d'un manque de respect des règles de distanciation sociales, alors que nous pouvons les appliquer.
  2. Des services d'urbanisme qui ne délivrent plus de permis.
  3. Des chantiers bloqués car les fournisseurs de services comme l'eau, le gaz, l'électricité, la télécommunication... sont, eux, à l'arrêt.
  4. Un problème plus technique avec le nouvel Arrêté wallon sur la traçabilité des terres excavées, sensé entrer en vigueur le 3 mai. Cela semble anodin pour le grand public, mais pour nous, c'est crucial et susceptible de paralyser les chantiers."

Et pour le directeur, il s'agit de points vitaux à régler de toute urgence.

Construction repartie, rénovation ralentie

Chez Thomas & Piron, qui emploie plus de 2000 collaborateurs, on avait spontanément stoppé le travail le 20 mars car les mesures décidées par le gouvernement ne pouvaient être mise en place en quelques heures. Tout juste un mois plus tard, ce lundi 20 avril, la moitié de l'activité a pu reprendre. Après une réflexion sur les méthodes à mettre en place en vue de respecter les recommandations sanitaires et la distanciation sociale, il a été décidé que les chantiers reprendraient sur base volontaire. Masques de protection, plexiglas, gel hydroalcoolique, respect de la distanciation... tout cela à un coup mais au moins les travaux avancent.

Pour Philippe Callens, responsable des ressources humaines pour le groupe : "Dans le cas d'une habitation neuve, le retard ne devrait pas excéder les quelques semaines correspondant à la mise entre parenthèse de l'activité pour force majeure. C'est moins vrai avec les chantiers de rénovation, surtout avec la présence des résidents, ce qui empêche tout travail."

On réfléchit donc à des solutions alternatives, comme l'étalement des congés en dehors de la période traditionnelle d'été, afin d'avancer là où l'on peut. Mais il ne s'agit que de discussions à l'heure actuelle.

Alors que l'activité de la construction reste vitale pour notre économie, comme l'a plusieurs fois rappelé la Première ministre, force est de constater qu'il tournait pourtant au ralenti depuis des semaines. La reprise progressive est donc perçue comme un excellent signal, mais il faudra encore du temps avant d'arriver au niveau d'avant crise, en espérant y parvenir.

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