Reprise de l'HoReCa le 9 juin : pour certains brasseurs, c'est un "oui .... mais !"

La reprise complète de l'HoReCa est annoncée pour le 9 juin : voilà qui devrait contenter tout le monde. Pourtant, aujourd'hui, les brasseurs prédisent encore un avenir semé d'embûches. Pour eux, la crise n'est pas terminée, bien loin de là. 

 

Le 9 juin sera certainement le grand jour de la libération pour le secteur HoReCa ! Les terrasses sont déjà partiellement ouvertes mais la météo joue à cache-cache entre soleil et pluie. Vous en profitez un peu, beaucoup ou ... pas du tout !

Il pleut sur la terrasse de la brasserie de la Senne

A Bruxelles, la terrasse de la Brasserie de la Senne est ouverte, mais il pleut. L'humeur aussi est morose : la crise a fait chuter la production de 30%. Alors, la réouverture, c'est une bonne nouvelle ?

Des drames économiques et surtout humains, il y en a déjà eu par dizaines voire par centaines.

"Oui .... mais", c'est ce que pense Yvan de Baets, maître brasseur à la brasserie de la Senne : "C'est une bonne nouvelle, bien sûr, parce qu'on attend ça depuis des mois et des mois, mais c'est une nouvelle qui intervient malgré tout beaucoup trop tard parce que des drames économiques et surtout humains, il y en a déjà eu par dizaines voire par centaines ". 

Le 9 juin, c'est beaucoup trop tard

En fait, Yvan Le Baets, le dit lui-même, il ne fait qu'un avec l'HoReCa. Avant la crise sanitaire, 90% de sa production étaient vendus aux cafés. Il a fallu s'adapter et rentrer dans la grande distribution pour survivre.

Comment vont-ils payer les fournisseurs dont les brasseurs ? Ca va être un vrai problème à gérer.

Selon lui, la crise n'a pas fini de produire ses effets, bien au-delà du 9 juin : "Comment vont-ils payer les fournisseurs dont les brasseurs ? Ca va être un vrai problème à gérer. Ce problème va être directement reporté sur nous ou les distributeurs avec qui on travaille. A un moment donné dans la chaîne des paiements, il va y avoir d'énormes problèmes. Il y a des gens qui vont tomber en faillite. Il y a des gens qui, de bonne foi, rouvrent maintenant, mais chaque semaine qui passe - c'est pour ça que le 9 juin c'est beaucoup trop tard -, ça va engendrer un nombre considérable de faillites supplémentaires"

100 brasseurs en difficulté

Le secteur brassicole est en alerte. Il a pris son pouls. Son état de santé laisse à désirer, comme le précise le directeur de la Fédération des brasseurs belges, Krishan Maudgal : "100 brasseurs sur 370 sont donc en difficulté pour l'instant. Ils ne tomberont pas tous en faillite, mais il seront obligés de puiser dans leurs fonds propres ou des prêts bancaires pour faciliter ce passage très difficile". 

Puiser dans ses réserves

Ce sont surtout les petits brasseurs qui sont en difficulté. Véronique et Sébastien sont les seuls actionnaires de leur brasserie à Boussu. Il produisent dix fois moins que la brasserie de la Senne. Mais ils en vivent.

On est pas un puits sans fond.

Pour passer le cap de la crise, Sébastien Deseveaux, maître brasseur, le confirme, ils ont dû puiser dans leurs réserves : "Il a fallu remettre la main au portefeuille. Du jour au lendemain, on a dû vite remettre des fonds privés. Bon, l'avantage pour nous, c'est que mon épouse et moi-même sommes les deux seuls actionnaires. Nous avons donc pu prendre des décisions très rapidement. Mais on est pas un puits sans fond ....". 

Rouvrir les petites festivités

La reprise de l'HoReCa est essentielle, bien entendu mais, il n'y a pas que cela.

Les associations locales peuvent refaire des choses parfaitement canalisées, bien organisées.

Sébastien Deseveaux : "Il faut surtout rouvrir les petites festivités. Il y a des associations locales qui peuvent refaire des choses parfaitement canalisées, bien organisées. Pour les plus gros événements, on peut peut-être y aller étape par étape". 

Aujourd'hui, tout le monde a soif de liberté, tout le monde veut se libérer de la pression du coronavirus. Quoi de plus normal ! Mais ça, ça dépend aussi du comportement de chacun. A votre santé ! 


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