Reprise de l'école, mais qu'en est-il des internats ?

Reprise de l'école, mais qu'en est-il des internats ?
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Reprise de l'école, mais qu'en est-il des internats ? - © Chung Sung-Jun - Getty Images

Dans mon établissement, on aurait pu accueillir 28 élèves en internat avec les nouvelles règles en vigueur. Depuis hier, ils ne sont que deux. Et pour la semaine prochaine, avec la rentrée de nouvelles classes, ils seront six.

C'est le constat dressé par Grégory Pire, dont l'établissement de Chimay comptait cinquante résidents en février. Mais pour celui qui fait fonction de président de l'AAEO asbl (Association des Administrateurs de l'Enseignement Officiel), la situation dans son établissement n'est pas représentative de ce qui est vécu dans l'ensemble de la Communauté Française. Ainsi, certains internats de l'enseignement spécialisé ou ceux qui accueillent des enfants placés par les Services d'Aide à la Jeunesse et les Services de Protection de la Jeunesse sont plus fréquentés. D'autant que la plupart d'entre-eux n'ont jamais fermé pendant le confinement.

Une organisation à revoir, des choix à faire

Tous les élèves d'internats n'ont pas la chance de loger dans une chambre individuelle. Mais avec la législation actuelle, impossible de faire cohabiter plusieurs personnes dans un espace restreint.

Un résident/une chambre devient la norme. Certains établissements pourraient se voir contraints de refuser des élèves.

De plus, les cours ne se donnent que deux jours par semaine, ce qui peut poser quelques problèmes avec ce principe des silos (des groupes ne pouvant se rencontrer). Principe difficile à appliquer en internat.

Heureusement, pour ceux qui n'ont pu être présents pendant le confinement ou ceux qui ne reprennent qu'à temps partiel, une procédure de remboursement et de tarification à la journée est désormais possible.

Pertes d'emploi en vue ?

Du côté des internats, on s'inquiète aussi pour la rentrée prochaine. On craint une grosse baisse de fréquentation, avec un budget forcément réduit en proportion. Des contrats temporaires pourraient ne pas être renouvelés. C'est d'autant plus vrai dans l'enseignement spécialisé (dont les internats fonctionnent en été) qui doit prévoir son budget et son personnel pour le premier juin.

Sur base du nombre d'élèves inscrits actuellement, l'année risque d'être compliquée. Compliqué, ça le sera aussi dans les internats du réseau libre. Car ici, le personnel d'encadrement n'est pas subventionné mais dépend des fonds propres des établissements, établissements qui ont aussi procédé à des remboursements pour la période de crise. Pas question donc d'ouvrir pour un ou deux élèves. 

En ce 19 mai, seuls 9 internats sur les 33 que compte le réseau libre ont pu accueillir des élèves. Pour les autres, il n'y a pas assez ou pas du tout de demande.

Quel que soit le réseau d'enseignement, la période est sans doute aussi difficile pour les élèves que pour les internats qui les hébergent.