Ramadan : les musulmans dépensent en moyenne deux fois plus que d'habitude

Les dattes, les pâtisseries en pâte d'amande, les produits halal augmentent en cette période et les 600 000 musulmans de Belgique consomment beaucoup plus depuis le 26 mai, date du début du ramadan. Ils ne consomment rien entre 4H00 et 22H00, mais entre le coucher et le lever du soleil, ils se rattrapent et pas qu’un peu!

En Belgique, l’augmentation des prix n'a évidemment rien à voir avec ce qui se passe au Maroc ou en Algérie, où le prix des tomates, des patates, des dattes explose littéralement. Mais Idriss, par exemple, qui fabrique des pâtisseries à tomber par terre, rue de Dixmude à Bruxelles, paie plus cher ses fournitures. Il travaille principalement avec l’amande. C’est sa principale matière première et en ce moment le prix est un euro 50 plus cher au kilo. En magasin, ces petites douceurs ne sont pas plus chères pour le consommateur, comme il vend le double de ce qu’il vend d’habitude, il s’y retrouve.

Azzaoui, le poissonnier, n’a pas non plus augmenté les prix. C’est le cas de la plupart des petits commerçants qui travaillent avec une clientèle d’habitués. En revanche, dans les supermarchés, où les rayons halal ou orientaux débordent de nouveaux produits, les prix ont grimpé. Il faut dire aussi que la période est synonyme de nouveaux produits. Des folders spéciaux sont imprimés et le marketing, ça se paie.

Et, puis en cette période, chaque " Iftar ", autrement dit chaque rupture du jeûne, est synonyme de fête. " Les gens adorent faire de très belles tables, débordantes de dattes, de lait battu, de Sharba, ou Harira la soupe marocaine, de chebbbaya, cornes de gazelles, explique Khalil, les musulmans, même ceux qui ne font pas le ramadan, invitent la famille, les voisins ... ils surconsomment. "

Dans ce cas-là, le ramadan est plus une affaire de tradition que de foi. Certains ont d’ailleurs dénoncé cette surconsommation, ce gaspillage. A force de faire les courses le ventre vide, les musulmans finissent par acheter plus qu’ils ne peuvent en consommer, ils se laissent tenter. C’est surtout le cas en début de ramadan, lorsque la faim se fait plus sentir.

Ça a le don d'énerver Mourad qui conseille d’en revenir aux fondamentaux : " le ramadan, c’est d’abord le partage. Il faut penser à ceux qui n’ont pas les moyens pour ces fêtes. Et pour ne pas se faire pigeonner, mieux vaut continuer aller chez ses commerçants habituels, où on connait les prix. Et éviter la surconsommation et le gaspillage. "

Un autre truc, c’est de faire ses courses le plus tard possible, et de n’acheter que ce qu’on est sûr de manger. La situation étant particulière cette année : les journées sont particulièrement longues et les nuits courtes. Le temps passé à table est donc finalement assez réduit, et au troisième repas, juste avant le lever du jour, on n’a plus si faim que ça.

Le ramadan s’achève le 24 juin.

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